No Home Movie

No Home movie est un testament touchant, mais exigeant, de la regrettée Chantal Akerman. ♥♥♥

Nous avons appris avec grande tristesse le décès de la célèbre cinéaste belge Chantal Akerman il y a à peine un mois . Rapidement, pour notre plus grand bonheur, les RIDM ont annoncé un hommage à la célèbre cinéaste qui inclut notamment son ultime offrande, No Home Movie. C’est une chance de pouvoir, dans la tristesse du décès d’une figure marquante du septième art, se plonger une dernière fois dans sa démarche singulière encore une fois mise de l’avant dans un film jusqu’ici inédit. 

No Home Movie ; Tout sur ma mère

Dans No Home Movie, Akerman braque sa caméra sur sa mère, qui a fuit la Pologne pour la Belgique à la fin des années 1930 pour échapper aux violences du régime nazi. Femme chargée d’histoire et d’émotions, c’est sur l’ensemble de sa mère et de ses racines, via les conversations et les souvenirs, que Akerman braque sa caméra. C’est l’occasion pour la cinéaste de revisiter ses origines et de voir ses atomes crochus et antagonistes avec sa mère, le tout en sobriété et sans amertume.

 no home movie

Les discussions mères-filles sont naturelles, simples et sans artifices. L’approche cinéma d’avant-garde d’Akerman ne se démens pas, spécialement dans ce qui constitue essentiellement un huis-clos à l’appartement de sa mère. La caméra est mobile, voir imprécise, et, plutôt que de se faire oublier, se fait constamment sentir dans chaque scène via les cadrages atypiques ou les soubresauts de la cinéaste. Cette réflexivité rappelle les propres films d’Akerman et on pense à Jeanne Dielman notamment. Le film (et, par ricochet, Akerman) sert en quelque sorte de pont entre les films de la cinéaste en général et ses racines, représentées par sa mère.

La Patience à l’épreuve

 

Comme dans tout bon Akerman qui se respecte (ou presque), la patience du spectateur est souvent mise à l’épreuve. Les conversations successives par Skype, qui sont filmées en zoom très rapproché et flous, les leitmotivs de plusieurs minutes des plaines rocheuses arides, les scènes longues et latentes ou rien ne semblent se développer (même pour un film d’Akerman) sont légions. On ne peut évidemment plus demander autre chose de Chantal Akerman qui a tracé une voie qui est sienne depuis des décennies, mais comme avec La Folie Almayer il y a quelques années, il y a des moments franchement lassant. La cinéaste n’est pas toujours une grande interlocutrice, son ton de voix et ses interventions ne cadrant pas toujours efficacement avec sa mère. Une note finale honnête donc, mais qui ne supplantera jamais Les rendez-vous d’Anna ou bien La Captive dans nos souvenirs de la cinéaste.

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