Le loup de Wall Street (The wolf of Wall Street)

Argent facile, sexe, drogues et prostituées – ♥♥♥½ / ♣

Jordan Belfort, courtier en Bourse à New York à la fin des années 80, va passer des portefeuilles d’actions modestes aux spectaculaires introductions en Bourse et à une vie de corruption et d’excès. 

POUR: Après un soporifique Hugo Cabret, Scorsese se réveille en adaptant les mémoires de Jordan Belfort, dans une véritable frénésie de débauches variées. Même si le film est seulement classé R, soyez tout de même prévenus de ce que vous allez voir : avec The wolf of Wall Street, Scorsese va très loin dans les excès en tous genres : nudité frontale, scènes (nombreuses) de sexe, drogues en tous genres, langage grossier, lancer de nains … Avec cette comédie noire, Scorcese montre les dérives de l’argent pour l’argent, la corruption généralisée de Wall street, au travers d’un self-made-man devenu monstrueux et ayant perdu tout contrôle sur lui-même et ses pulsions. Mais pas de repentir, ici, l’Homme est un loup pour l’Homme, quitte à se dévorer lui-même quand il est entravé. Jordan prend le spectateur à témoin, pour lui faire regarder en face tout ce qui est fait sur son dos et sa crédulité. Critique acérée de l’ultra-capitalisme ayant perdu sa raison d’être, le film résonne comme un appel à la haine des institutions financières dont les bénéfices se comptent en milliards, en un temps de crise économique.

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On sait que le réalisateur sait s’entourer et hormis la performance impressionnante de di Caprio, sur laquelle on peut gager dès à présent un prix d’interprétation, Jonah Hill fait ses preuves comme acteur confirmé, au-delà de la comédie dans laquelle on l’a cantonné. Matthew McConaughey, prouve en une seule scène à quel point il est devenu un modèle dans le cinéma actuel, en incarnant le rôle du mentor dépravé de Belfort à la perfection. On sent à l’inverse que Jean Dujardin ne doit sa participation qu’à son récent oscar et sa représentation poussive et assez ridicule enterre sans aucun doute sa carrière américaine.

Mais de manière plus générale, à force de vouloir trop en mettre, Scorsese n’écoeure t’il pas son public : on peut être impressionné par le nombre de comédiens réputés ayant participé au projet (Kyle Chandler, Joanna Lumley, Jon Favreau, Spike Jonze), mais aussi un peu déçu pour leur rôle réduit. La bande originale est très bonne, entre blues et new wave, mais à trop vouloir illustrer musicalement le foldingue de ce que l’on voit à l’écran, on a tendance à passer à côté de l’un ou de l’autre (Eartha Kitt, Plastic Bertrand, Billy Joel, The Lemonheads, Bo Diddley…). On est comme aux côtés de  l’antihéros dans ses très nombreuses débauches sans limites, mais le film durant pas moins de 3h, les scènes finissent par devenir répétitives.  Reste à se demander si Scorsese prendra le risque d’écoeurer complètement ses spectateurs en adaptant la deuxième partie de l’autobiographie de Jordan Belfort : Catching the wolf of Wall Street. Benoit Rey

CONTRE:  Je suis revenue du  ciné et du  » loup de wall street » avec une forte envie de lire et de parler sur ce film. Mon étonnement a été de lire des articles élogieux sur ce film qui à mon gout n’en mérite pas, ainsi je me permets d’écrire ici mon point de vue.

Ce film est une pub, une pub de 3h, c’est long!

L’excellent comédien (je le reconnais) nous vend (à nous caméra) le capitalisme comme on vend une auto avec toutes ses options : putes, drogue, impunité, beauté, richesse… Et Scorcese nous montre ces fantaisies avec des jolies couleurs, de douces musiques et des personnages l’air neuneu avec moumoute et dent fluo, des clowns pas méchants. Et Jordan Belfort fait le show man devant sa tribu en transe, il nous pond tellement de discours qu’on se demande si pour y croire le spectateur doit il lui aussi prendre des drogues? Ces mecs sont des traders sans foi ni loi, mais on a tendance à l’oublier dans le film. Rien n’évoque les conséquences de l’escroquerie du monde qu’ils font.

Au contraire on voit que Jordan Belfort aide ses collaborateurs qui peinaient à payer leur loyer en les embauchant, il les a sauvés! Sa 1ère femme lui dit « voler les pauvres, c’est dommage, vole les riches ». Absolution! Même le père, image du cadre et de l’ordre, finit par dire « je comprends que des chattes sans poils c’est difficile de s’en priver »: Cocufie mon fils, Amen!

Jordan transcende le ridicule et le pitoyable, il est légitimé par tout le monde.

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Finalement Jordan obtient quelques mois de tôles sur un terrain de tennis et bien sûr aucune image des conséquences de la délation qu’il a choisi de faire (le négatif n’est pas vendeur?). Bref à ce moment-là le flic qui a coincé Jordan lis l’article dans le journal de son coup de filet puis regarde le monde autour de lui dans le métro: la misère. Gros plan sur le visage du flic. Il semble douter: Est-ce que cela était un acte de justice!?

Pendant 3h on bouffe de la pub et la majorité des critiques de ciné se disent que le spectateur est pas con, il a vu que c’était une pub. Et alors? Le niveau d’instruction de la population monte mais le budget de la pub n’a aucun déclin, pourquoi? Car la pub ça marche. Le message de ce film, vu comment il est filmé, c’est « Le plus important dans la vie c’est son plaisir à n’importe quel prix. No respect de la communauté, le Capitalisme c’est le fun!».

Jordan est parti de rien et il a construit un capital en s’amusant et faisant rire tout le monde. D’ailleurs il était rigolo quand il essayait de rentrer en auto sans l’usage de ses jambes (scène digne de Tarantino). Il croit avoir fait ça sans grabuge mais au matin la police lui montre le contraire. Tout ce qu’il trouve à dire c’est: Oups , raté!

C’est ce que je dirais de ce film que certains targuent de faire une critique du monde: Oups, raté! Marika Garguet

Ouvoir.ca

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