Il était une fois les Boys

On n’attendait plus rien de la franchise des Boys, la télésérie et les Boys 4 avait étiré la sauce au maximum. Cette résurrection de la populaire franchise est donc la surprise cinématographique de la saison. ♥♥♥♥

Avant d’être Stan, le tenancier de bar, Méo, le mafieux, Bob, l’homme à femme, Fern, le je-sais-tout, Marcel, le lunatique et Jean-Charles, le brillant avocat, ils furent une «gang de chum» fessant les quatre-cents, mais qu’une passion commune réunissait, le Hockey. C’est un plongeon dans la jeunesse des personnages de la célèbre franchise que nous propose Richard Goudreau. À défaut d’être une idée complétement original, elle a le mérite d’être efficace, parce que la série-télé et le dernier film de la franchise, les Boys 4, laissaient un gout amer en bouche.

Goudreau en était le producteur depuis le premier, il y a 17 ans. Ici, il touche officiellement pour la première fois au scénario et endosse le rôle du réalisateur. Pour un premier film, il fait des merveilles, il réussit à dresser un portrait d’une époque avec une justesse inouïe. Danse scolaire, milieu ouvrier, rivalité francophone-anglophone, infériorité pré-féministe des femmes au travail,  dernier relent de vie religieuse, mépris des homosexuels, Goudreau n’offre pas seulement un film de Hockey, mais un beau panorama d’une société sur la changement. Il réussit un heureux mélange de situation dramatique et humoristique, d’une scène à l’autre les changements de ton se font sans heurt.

Il a aussi réussi, par le quotidien des familles respectives, à nous faire un peu comprendre le comment et le pourquoi des comportements des personnages dans les films originaux. Il saisit l’idée de genèse, quand on voit l’enfance de Fern, de Bob, de Méo ou de Marcel, on imagine bien comment ils sont arrivés dans la position dans laquelle ils sont lors du premier film. Le tout en évitant les clichés faciles, il y a une justesse des situations, même dans l’ironie.

Le films doit beaucoup à ses jeunes interprètes, mis à part Maxime Desjardins-Tremblay, alias Méo, qui avait été la révélation du film de Anaïs Barbeau-Lavalette, Le Ring, en 2007, ils en sont ici à leur première apparition devant la caméra. Simon Pigeon, alias Stan, que l’on a pu voir par le passé dans des série comme Les Étoiles filantes ou Toute la vérité, est sans doute la révélation de cet ensemble, il excelle tant dans les situations dramatiques que dans les moments humoristiques.

Bémol, au trois quart du film un événement dramatique vient perturber l’ensemble. Disons que je doute encore de la pertinence de cette tournure dramatique. Il n’y a rien dans qui laisse présager cette tournure tragique avant et on peine à reprendre le rythme après. Goudreau, scénariste, a voulu créer un événement fondateur et unificateur pour le groupe, un événement qui les marquera à jamais, un quelque chose qui fait qu’après 40 ans d’amitié, il y a un lien indéniable entre eux. Je suis d’accord avec le pourquoi, mais j’ai un problème avec le comment. Cependant, cela ne nuit pas à l’ensemble et ne fait pas ombrage au plaisir que procure un tel film.

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