Quand un hommage à Shaun of the Dead tourne au film de genre Culte… ♥♥♥♥
Ce soir, le village de Capelongue sera l’hôte d’un match amical entre son équipe chérie et l’Olympique de Paris, mené par le capitaine Samuel Lorit. Ce dernier est d’ailleurs natif de l’endroit et y a entamé sa carrière, mais il a jadis signé un généreux contrat offert par l’OP. Les Capelonguais ne le lui ont jamais pardonné. Pas plus que cette défaite subie autrefois aux mains des Parisiens. Donc, ce soir, la bourgade crie vengeance! Les Ultras, ces fans trop enthousiastes qui lancent des fumigènes pour énerver l’adversaire, sont fins prêts à foutre le bordel. Les flics sont aux aguets. Les adolescentes se sont pomponnées, espérant séduire un joueur volage. Les journalistes cherchent des histoires juteuses et, croyez-nous, il y en aura. Voyez-vous, Jeannot, la vedette locale à la musculature louche, s’est fait injecter une nouvelle variété de stéroïdes par son père afin de hausser son agressivité envers Lorit. Le résultat fut plus concluant que prévu… Il s’est transformé en une sorte de mutant à mi-chemin entre le zombie et le partisan débile qui casse la ville les soirées de championnat. Il hurle des insanités, massacre tout sur son passage et gerbe des quantités colossales d’un liquide qui contamine quiconque a le malheur de le croiser. Et il se rue vers le stade. Bon match!
Est-il possible qu’un remake devienne aussi culte que son original ?
Certes, Goal of the Dead n’est pas à proprement parlé un remake de Shaun of the Dead…Mais en bout de ligne, le produit final est de quasi aussi bonne qualité. Construit en deux tomes, ce long métrage aura est en fait très bien pu être le début d’une série « à la française ». La première mi-temps est plutôt paresseuse avec une présentation des unités de lieux et de temps plutôt lente…Mais dès que le moteur est en route, les minutes filent à une allure vive…grâce à un Thierry Poiraud (Atomik Circus) qui réussit à retranscrire un scénario classique mais drôle et que les acteurs s’approprient avec une facilité déconcertante : Alban Lenoir dont c’est le premier « premier rôle » important et qui est complètement à la hauteur tout comme le florilège de second rôles (Ahmed Sylla tordant dansant devant une zombie et surtout Charlie Bruneau et Thiphaine Daviot, les deux personnages féminins incroyablement vraies et excellentes toutes les deux).
Le trio Lenoir/les filles fonctionne à merveille et aurait d’ailleurs peut-être gagné à être plus développé. Au lieu de cela le montage préfère s’attarder au rythme endiablé qui tient toutefois bien les deux heures. Quelques plans fixes auraient encore plus mis en valeur la qualité d’interprétation de toute la distribution d’acteurs (plutôt que la shaky cam) mais c’est peu de défaut lorsqu’on sait le pied que l’on peut prendre devant le produit final. A l’instar de The World’s end l’an dernier, Goal of the Dead vous fera retomber en enfance et ce, pour votre plus grand bonheur !


