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Entretien avec Jean-Marie Larrieu pour L’Amour est un crime parfait

« C’est le contemporain qui veut ignorer tout ce qu’il y a d’enfoui » 

Il est très tôt ce vendredi matin lorsque je rencontre Jean-Marie Larrieu de passage au Québec pour présenter son petit dernier, l’amour est un crime parfait, sans son binôme : Toronto, San Sebastian, Zurich et maintenant Montréal dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma 2013, la tournée fut longue mais forte en enseignements avant la sortie du film en France en janvier.

Contrairement à leur habitude, et en adaptant Philippe Djan, les frères Larrieu situent cette fois-ci l’action de leur petit dernier à Lausanne car « c’était dans le roman où il était question d’un grand lac entouré de montagnes ».  Lorsqu’on évoque avec lui l’aspect moderne et luxueux de son dernier film (via notamment une image très sophistiquée), Jean-Marie se permet de mettre en parallèle la localité et son intrigue : « C’est le contemporain qui veut ignorer tout ce qu’il y a d’enfoui »

Sans spoiler le film, nous pouvons dire que le spectateur vit au même niveau que son personnage principal c’est-à-dire qu’à aucun moment il peut anticiper ce qu’il va se passer réellement. En cela, le film est réussi et ce « thriller amoureux » permet aux réalisateurs d’à nouveau traiter du désir dans un nouveau long métrage.

Suite aux « derniers jours du monde » (avec lequel il existe de nombreuses similitudes), Jean-Marie et Arnaud Larrieu s’étaient dit qu’ils souhaiteraient toujours traiter de ce besoin humain(qu’est le désir) montré « tel une survie ». Lorsqu’un journaliste américain lui demande, « Quelle est votre stratégie narrative sur ce film ? », il sourit évoquant que son cinéma traite du désir et qu’« il n’y a pas de stratégie dans le désir ». On apprendra que les deux frères avaient eu comme première idée Daniel Auteuil en personnage principal (rôle qui est finalement brillamment tenu par le fidèle Amalric) et que Karin Viard et Maïwenn s’étaient vu proposés initialement leurs rôles inversés…Cette dernière s’étant d’ailleurs blessé au genou, une bonne partie de la mise en scène ayant d’ailleurs dû être réadaptée pour une actrice ne pouvant plus mettre un pied devant l’autre.

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