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Grâce à Dieu : la vie gâchée des anges

Loin d’être anticlérical, François Ozon réalise un grand film politique qui dépasse le cadre de l’Église pour dépoussiérer une institution vieillissante inapte à se remettre en question. Sans jamais juger les proches qui n’ont pas toujours vu ou cru en la détresse des victimes, il propose un vrai sujet de réflexion sur l’acceptation de la souffrance et sur la fragilité de la foi qu’il interroge avec une humble responsabilité.

Plaire, aimer et courir vite : les dernières nuits fauves d’un garçon formidable.

Honoré prend le temps d’installer sa romance et cherche à ralentir son histoire, teintée d’un spleen constant pour mieux saisir l’urgence de la maladie qu’il oppose ainsi aux vétilles du quotidien où se cache la peur de ne pas se revoir. Une peur qui fait monter le désir d’un cran et incite les protagonistes à saisir l’instant présent, sans se soucier des lendemains incertains. Rien ne sert de courir, il faut s’aimer à point.

Amin : Rencontre d’un migrant type

Philippe Faucon semble, une fois n’est pas coutume, attester d’une certaine pudeur à montrer les sentiments, comme s’ils relevaient de l’ordre du privé et n’appartenaient qu’à ses personnages. Un dispositif plutôt rare à l’ère numérique où tout se regarde, tout se partage, bon gré mal gré. Cette délicatesse à filmer les corps, à les laisser parler de manière significative, elle est à la fois la force et la faiblesse du film.

Ma fille : le fruit de mes entrailles

Qu’importe si les tenants et les aboutissants du film sont éventés dès les premières minutes, Naidra Ayadi propose une fiction tellement juste et sincère qu’on oublie les quelques imperfections d’une narration à l’emporte-pièce au profit d’une indéniable émotion.

Les salopes ou le sucre naturel de la peau : les salopes se cachent pour le plaisir

Qu’on se le dise, la langue française est sexiste. Il n’y a qu’à voir le nombre de mots féminins flanqués d’une connotation sexuelle dégradante voire méprisante dont le masculin est exempt. On dit d’une femme qu’elle est facile, qu’elle est bonne… le mot salope ne fait pas exception à la règle dans cette logique hégémonique du mâle qui fait d’elle une nymphomane.

Chien de garde: être aux abois

Peux-t-on échapper à sa condition, son rang, son sang ? Des questions auxquelles Sophie Dupuis tente de répondre au moyen d’une mise en scène épurée qui choisit de mettre l’emphase sur le jeu des acteurs. Ici, pas d’effets de caméra intempestifs, l’urgence se niche surtout dans un cadre rassurant qui essaie tant bien que mal de la contenir à la poursuite d’une embellie.