Auteur : Alexandre Blasquez

Il est dommage que l’œuvre de Trier pèche par son manque de substance n’utilisant son potentiel qu’à des fins pernicieuses. La religion apparaît souvent comme un ressort dramatique factice pour générer du stress chez Thelma, tout comme ses pulsions sexuelles qui l’exhortent à lutter contre des sentiments contradictoires. Si la grotesquerie et l’absurdité du twist final déroute et détruit tout le travail du cinéaste à s’éloigner du film d’adolescent classique, Thelma est une œuvre mineure dans sa jeune filmographie malgré tout prometteuse.

13 novembre 2017 / / Cinémania

Depuis ses débuts Haneke n’a de cesse de questionner notre rapport à l’image. N’en déplaise à ses détracteurs, la demi-mesure est un concept inexistant chez celui qui orchestre systématiquement des œuvres calibrées au millimètre près par le biais d’un schéma narratif déroutant. C’est là où résident toute la maturité et l’intensité du travail d’Haneke pour amener subrepticement l’ignominie dans la comédie noire sans que les poncifs de sa rhétorique sublimée dans Funny games n’apparaissent outrecuidants

10 novembre 2017 / / Cinémania

Après l’excellent Quand on a 17 ans effleurant avec tact et délicatesse les affres de l’adolescence, la direction d’acteur, ici plutôt obsolète, efface tout le travail établit en amont pour composer des personnages attachants. D’une richesse indéniable sur les plans formel et historique, les raccourcis hasardeux dans le temps viennent malheureusement plomber le film déjà lourd de sens.

Dès les premières minutes du film, le réalisateur ne joue pas sur l’attachement du spectateur au personnage principal, balayant tout effet de suspense inopportun. Présageant une fatalité inexorable, la caméra en plongée suit deux hommes fauchant des herbes jusqu’à la découverte de la dépouille de Gabriel. Il est là, inerte, le corps lové sous une roche, dans un linceul bucolique que la nature vient rendre apaisant. Pendant un instant, Gabriel ne court plus après le temps. C’est dans ce seul plan emprunt de poésie que se dessine sous nos yeux toute l’affection du metteur en scène pour son ami.

1 octobre 2017 / / A La Une

Avec Retour en Bourgogne, Cédric Klapisch perd l’ivresse et la fraîcheur de certaines de ses œuvres mais réussit cependant à transmettre, une fois n’est pas coutume, sa philanthropie contagieuse avec toute la bonhomie qui le caractérise.  Loin d’être un vin de table indigeste, cette cuvée 2017  libère un doux parfum de nostalgie qui reste en bouche longtemps après avoir quitté la salle. Comme Ni pour, ni contre (bien au contraire), il faudra sans doute laisser vieillir ce dernier cru pour en apprécier tous les arômes qui parfois se retrouvent simplement prisonniers de leurs promesses.

28 septembre 2017 / / On jase

Sans atteindre l’impact psychologique de Family life ou la force des invectives dans Sweet sixteen, I, Daniel Blake n’en demeure pas moins une œuvre cohérente dans la longue filmographie engagée du Britannique.

24 mars 2017 / / On défriche

Avec Personal shopper, Olivier Assayas ne réduit pas son film au genre fantastique et suggère plus qu’il n’impose à l’œil son univers étrange, certes déconcertant, mais non moins intéressant qui glace le sang tout au long de cet automne presque sans fin.