Adolphe Menjou

C’était il y a cinquante ans que l’acteur le plus distingué du cinéma hollywoodien, Adolphe Menjou, tirait définitivement sa révérence.

Durant près de 50 ans, il fut l’incarnation du charme et de la classe à écran. Toujours bien mis, la moustache impeccablement taillée, tiré à quatre épingles dans un parfait complet plié ou un tuxedo de luxe. Ce n’est pas pour rien qu’on disait de lui qu’il était «Best Dressed Man in America». Son regard inquisiteur lui donnait à la fois la persona de l’homme aimant et inquiet ou de l’espion ratoureux. Ces deux archétypes furent les castes récurrentes de sa longue et prolifique carrière, près de 150 films au compteur, entre 1914 et 1961.

Adolphe Menjou est né en 1890 à Pittsburgh, d’un père d’origine française, hôtelier de métier, et d’une mère irlandaise. Après une formation au théâtre et quelques rôles de figuration dans des films aujourd’hui complètement oublié, dont certains disparus, il acquière une certaine renommé lorsqu’en 1921 lorsqu’il apparait successivement dans trois long métrage qui eurent un succès retentissant. Premièrement, dans un film de la Paramount, où pour la première fois il endossera le rôle d’un intellectuel européen dans The Chiek, film qui fit de Rudolph Valentino une star. Toujours en 1921, il interprète Louis XIII dans l’adaptions des 3 Mousquetaires par Fred Niblo, avec Douglas Fairbanks dans le rôle de d’Artagnan et il finit l’année en donnant la réplique à Mary Pickford dans Through the Back Door. Ces deux derniers sont produits par la United Artists, compagnie indépendante créée par Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D.W. Griffith en 1919. Chaplin, qui est en train de préparer son premier film dans lequel il ne sera pas la vedette, voit en Menjou le comédien idéal, avec cette distinction à l’européenne, pour le rôle de Pierre Revel dans A Woman of Paris. Le film, sorti en 1923, n’eut pas le succès des films précédents de Chaplin, en grand partie dû à l’absence de son traditionnel personnage du vagabond, cependant, le film eut un succès critique considérable, et figure parmi de nombreuses listes des films phares cette époque – le cinéaste français René Clair, dans son autobiographie, louange longuement le film et raconte à quelques points il fut marquant pour nombre de réalisateurs de l’époque -. Ce film deviendra une carte de visite incroyable pour Menjou, les plus célèbres réalisateurs veulent dorénavant tournée avec lui.   Ernst Lubtish, fit, en 1924, appelle à ses services pour deux film qui sortirent presque simultanément, sa comédie de mœurs The Marriage Circle et pour Forbidden Paradise, film un peu oublié aujourd’hui.

En 1926, D.w. Griffith quitte la United Artist, pour la Paramount, il y entraine Adolph Menjou avec il tourne une adaptation d’un roman Marie Corelli, The Sorrows of Satan. Menjou laisse de côté son rôle de gentlemen à l’européen pour celui du diable personnifié, mais vestimentairement toujours aussi distingué.

Menjou passe à merveille le mur du son et bénéficiant de son trilinguisme, il tourne non seulement des films en anglais, mais également en français et en espagnol. Durant les trente dernières années de sa carrière, Menjou multiplie les rôles, souvent secondaires, voir tertiaire. Il devient le monsieur distingué de service. Ce qui ne l’empêche pas d’être toujours juste, en fait sa seule présence ajoute de la classe à une œuvre qui passerait parfois inaperçu. Dans le lot, quelques films vraiment formidable : Morroco en 1930 de Josef Von Sternberg, au coté de Marlene Dietrich et Gary Cooper; The Front Page de Lewis Milestone, rôle qui lui valut un nomination au Oscar; à deux reprise chez Frank Capra, en 1932 dans Forbidden, face à Barbara Stanwyck et en 1948, dans une magnifique satire du monde politique, State of Union, donnant la réplique au mythique couple Tracy-Hepburn, Stanley Kubrick exploitera son côté snob et froid dans Paths of Glory et j’en passe. Sa carrière au cinéma se termine en 1960, quelques rôles à la télévision suivront, dans une adaptation de Pollyanna produit par Walt Disney, l’un des plus gros succès «live-action» du studio, encore aujourd’hui le film jouit d’une immense popularité.

Menjou fut, durant les années 40 et 50, politiquement actif, il fut le leader du «Motion Picture Alliance for the Preservation of American Ideals» qui contait comme membre des gens comme Ward Bond, Clarence Brown, Gary Cooper, Cecil B. DeMille, Walt Disney, Irene Dunne, Victor Fleming, Clark Gable, Leo McCarey, George Murphy, Fred Niblo, Ronald Reagan, Ginger Rogers, Robert Taylor, Barbara Stanwyck, King Vidor, Sam Wood et John Wayne. Ces figurent phares du cinéma de l’époque collaborait étroitement avec la House Un-American Activities Committee et le sénateur Joseph McCarthy. Ce positionnement entraina certain malaise sur les plateaux, à trois reprise Katharine Hepburn et Adolphe Menjou ont partagé l’écran en 1933 dans Morning Glory, en 1937 dans Stage Door et en 1948 dans State of Union. Il est connu que durant le tournage de Morning Glory Menjou et Hepburn s’entendaient comme larron en foire, mais avec les années, le durcissement des positions,  la monté, chez les républicains, de la «peur rouge» et la délation, par la MPAPAI, de certains membres du parti communiste travaillant à Hollywood, Hepburn ne voulut pu adresser la parole à Menjou sur le plateau de State of Union.

Liste des films avec Adolphe Menjou commentés par l’équipe de Cinémiak:

Step Lively (Tim Whelan, 1944)

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