Fallen city

Film catastroph(iqu)e – Chine – ♣ – 94 min. – Un policier tenace court après le cambrioleur qui lui a échappé il y a 5 ans et à cause de qui il a été rétrogradé. Sur le point de l’attraper,  un tremblement de terre frappe Wenchuan.

Cinq ans après avoir cambriolé une banque, Liu Chuan (Huang Jue) retourne à Wenchuan. Le policier Wang Laoshi (Ding Yongdai), qui le traque depuis lors, le retrouve. Mais un tremblement de terre vient secouer la ville et les rôles sont vite inversés.

Huang Hong
Huang Hong

Huang Hong (réalisateur et scénariste) rassemble tous les éléments d’un film d’action (des protagonistes ennemis, une catastrophe, de l’héroïsme, les liens inaliénables de la famille, du suspense et une histoire d’amour) mais livre un résultat d’une rare médiocrité.

Le réalisateur semble avoir eu, sur le fond et sur la forme, des idées préconçues et il ne se soucie ni de la construction de l’histoire, ni de sa crédibilité ou de la technique à adopter. Les personnages principaux sont caricaturaux : le policier reste concentré sur le rôle qui lui a été donné à savoir retrouver le cambrioleur et ce dernier, peu loquace, n’est pas aussi mauvais qu’on pourrait le croire. Seuls quelques acteurs sont «professionnels» mais pour correspondre au film de catastrophe, certaines scènes présentent des attroupements ou des foules. Aucune direction ne semble avoir été donnée aux figurants, qui semblent se demander ce qu’ils sont sensés faire. La musique de Dong Weï cherche à donner un rythme de suspense, mais ne correspond aucunement à ce qui est à l’écran et les effets sonores sont tellement exagérés qu’on en vient à se demander si les scènes de déblaiements sont sensées être comiques. Les effets visuels sont du même ordre: voulant correspondre au genre grand spectacle, la caméra tremblote alors que les secousses sont terminées et que les secours ont déjà commencé (mais cela, encore plus étrangement, que dans les plans larges). Le réalisateur cherche quelques effets esthétisants : les protagonistes vivent dans les appartements à moitié détruits (mais dont les meubles sont impeccables) alors que des camps de réfugiés sont installés quelques mètres plus loin.

Au final, ce qui est le plus à regretter ici est le mauvais placement de ce long-métrage, qui aurait davantage convenu au festival Fantasia, avide de films à voir et apprécier au second degré (si le film n’était pas inspiré des évènements tragiques du tremblement de terre du Sichuan en 2008). Cela lui aurait peut-être permis de garder quelques spectateurs en fin de séance …

Ouvoir.ca

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