Shanidar no hana (La fleur de Shanidar)

Science-fiction naturaliste ♥♥♥½
La mystérieuse fleur de Shanidar éclot sur le cœur de quelques jeunes femmes et est très prisée pour ses vertus médicinales. Une équipe pharmaceutique surveille les fleurs jusqu’à ce qu’elles soient mûres pour la coupe de leurs porteurs humains. Le Dr Otaki (Go Ayano), reçoit une nouvelle assistante, Kyoko (Haru Kuroki), en charge des besoins émotionnels des femmes.      
L’intérêt majeur de cette œuvre est de proposer la polysémie la plus complète sur cette fleur de Shanidar : serait-ce la métaphore d’une maladie (tel le nénuphar de « l’écume des jours » de  Boris Vian), des relations sociales, de l’état psychologique du porteur, voire de la maternité ? Chacun peut y trouver son axe de lecture mais au final, la question centrale du film est : où en est l’humanité dans son rapport à la Nature et dans sa propre évolution? Ce lien Homme/Nature est une des questions majeures au centre des œuvres culturelles japonaises contemporaines et la Nature impose ici sa présence à l’Homme après la perte de lien dû notamment à l’hyper-technologisation de la société.
Le film pose également un regard intéressant sur la solitude, les relations inter-personnelles et la nécessaire renaissance du lien social, là où les patientes ont décidé de devenir des cobayes pour « échapper à la corvée de la vie quotidienne ». Les portraits de femmes, sans être trop appuyés ou approfondis sont originaux et intéressants. Les personnages masculins sont quant à eux moins réussis et traités un peu plus en surface, ce qui est rendu par le jeu parfois chancelant de l’acteur principal (Go Ayano).
Le réalisateur (Gakyuru Ishii), qui a également co-écrit le scénario, met en regard l’inhumanité des sociétés pharmaceutiques et un retour primaire et primal à la Nature (redevenir un être  vivant parmi les autres et se sentir vivant en sentant pousser quelque chose en soi). Cette fleur et les risques qu’elle fait courir aux porteurs interroge aussi les pulsions d’éros et de thanatos enfouies en chacun de nous. L’opposition des deux approches (clinique et psychologique) s’opposant dans le laboratoire médical de la fleur de Shanidar est très bien rendu par la photographie et les couleurs – très froides et cliniques – et la musique, métallique. L’intéressant twist final permet au propos de complètement gagner sa portée de fable actuelle.

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