Un homme d’État : Partie de campagne et campagne de partis

À quelques semaines de l’élection, le Président de la République sortant, Jean-François Vanier  est au plus bas dans les sondages. Chef de file du plus puissant parti de droite, il cherche une planche de salut. Il décide de rallier à lui Robert Bergman, homme de gauche et figure emblématique de la vie politique française, qui s’est retiré dans un petit village du Gers.  Un Homme d’Etat !♥♥♥½

Film sur l’élection présidentielle sans être sur une campagne spécifique, Un homme d’État traite de ce qu’est une élection présidentielle dans ses tractations, ses querelles de pouvoir et ses renoncements.

Un_homme_d'État_afficheQuasiment tous inspirés de la scène politique française et italienne, les personnages ne se focalisent pas pour autant sur un tel ou une telle. Le petit jeu sera de chercher à reconnaître les traits de caractère des personnages réels (vous retrouverez ainsi autant du Nicolas Sarkozy que du Berlusconi, voire du Mitterrand dans le personnage d’Arthur Vannier), mais le scénario va au-delà de cela. Malgré quelques twists un peu faciles, l’histoire reste très intéressante et les dialogues voguant entre second degré mordant, sarcasmes désabusés et débat sur la vie politique actuelle (la scène opposant Pierre Santini à Patrick Braoudé est en cela une vraie réussite). En plaçant son intrigue en grande partie dans le Gers, François Bégaudeau montre aussi que la politique n’est pas que parisienne et se joue aussi en province, voire dans les petites bourgades rurales. Cela permet de distinguer son oeuvre des récents films politiques français comme Quai d’Orsay ou la Conquête. Il est dommage que la prestation solide des acteurs principaux (Pierre Salvadori, Jean Benguigui et François Bégaudeau notamment) ne soit pas égalée par celles de Bruno Solo en conseiller politique ou de Samia Dahmane en femme politique carriériste, qui dénotent un peu. Mais dans l’ensemble, ce tableau d’un monde politique aux repères mouvants et aux clivages dépassés, du jeu entre politique et médias et de la fin des convictions le rend lisible comme portrait d’une époque, se transposant bien au-delà du pré-carré français.

 

Ouvoir.ca

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