Stephen Frears est, avec Mike Leigh et Ken Loach, le réalisateur britannique le plus important de sa génération. Héritier de Lindsay Anderson et Karel Reisz, dont il fut l’assistant, mais aussi de tout le Free Cinema anglais, des films tels que My Beautiful Laundrette et Dirty Pretty Things s’inscrivent clairement dans cette lingée. Mais ce qui caractérise le cinéma de Frears, c’est que, contrairement à Leigh ou à Loach, il est hyper-versatile, drame en costume (Dangerous Liaisons), comédie dramatique historique (Mrs Henderson Presents), drame social (My Beautiful Laundrette), comédie de moeurs (High Fidelity), western (The Hi-Lo Country), drame biographique (The Queen, The Deal, Prick up yours Ears) et film de gangsters (Gumshoe, The Hit), il touche à tout et il réussit à exceller dans chacun de ces genres distincts.
Frears est né à Leicester en 1941. Dans les années soixante, il devient assistant réalisateur, pour Reisz sur Morgan, pour Anderson sur If… et pour l’unique réalisation de l’acteur Albert Finney, Charlie Bubbles. En 1971, Finney produira le premier long métrage Frears, Gumshoe, un hommage nostalgique au film-noir.
Après cette première réalisation, il passe, comme Mike Leigh, la décennie soixante-dix à la télévision. Quand Tatcher est porté à la tête du pays, elle coupe les subventions au télévision, ce qui met fin à un certain age d’or de la télévision britannique. En 1984, il réalise The Hit qui est chaleureusement accueilli par les critiques. En 1985, avec My Beautiful Laundrette, c’est la consécration, cette histoire d’amour entre un pakistanais et un bum touchera les cinéphiles du monde entier. Hollywood lui ouvre les bras, il ira y réaliser Dangerous Liaisons en 1988. Le film recevra 7 nominations aux oscar, incluant celui du meilleur film, et en remportera 3 [Meilleur Scénario adapté, Meilleur Costume et Meilleur direction artistique], cependant le film sera complétement boudé par les Golden Globes.
Malgré quelques succès d’estime (Mary Reilly, The Snapper, The Hi-lo country), les années ’90 ne sont pas des plus reluisant. Mais les années 2000 commence en force avec High Fidely, immense succès populaire, devenu un film phare pour la génération des trentenaires, le film est aussi célèbre pour avoir mit sur la carte un inconnu du nom de Jack Black, qui vola littéralement la vedette à John Cusak.
En 2003, il retourne à la télévision pour un téléfilm sur Tony Blair, The Deal. Il tourne une suite en 2006, The Queen, Michael Sheen y reprend son rôle de Tony Blair et Helene Mirren en endosse celui de la reine Elizabeth II. Mirren sera récompensée par l’oscar de la meilleur actrice.
En deux ans, il réalise trois films, l’an passé sortait Lay the Favorite avec Bruce Willis, un comédie dramatique qui prend pour décor les casinos de Las Vegas. Muhammad Ali’s Greatest Fight, présenté hors-compétition au dernier festival de Cannes, est un drame juridique mettant en vedette Christopher Plummer qui retrace les déboires juridiques qui ont entouré le refus d’Ali à participer à un gala de boxe au Vietman alors que le pays était en guerre. Et finalement, Philomena, qui sort en salle le 29 novembre, le film met en vedette Steve Coogan, qui signe également le scénario, et Judi Dench. C’est des retrouvailles entre l’actrice oscarisée et le réalisateur puisqu’il ont travaillés ensemble à la BBC en 1981 dans une adaptation télévisuelle du roman de Robert C.S. Downs, Going Gently.

