Mange tes morts

Le grand frère ! Seconde réalisation musclée de Jean-Charles Hues sur  la communauté du voyage ♥♥♥½

Jason Dorkel, 18 ans, appartient à la communauté des gens du voyage. Il s’apprête à célébrer son baptême chrétien alors que son demi-frère Fred revient après plusieurs années de prison. Ensemble, accompagnés de leur dernier frère, Mickael, un garçon impulsif et violent, les trois Dorkel partent en virée dans le monde des « gadjos » à la recherche d’une cargaison de cuivre.

Petite sensation française à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes un plus tôt dans l’année, Mange tes morts est la mise en scène d’une journée dans la vie de Fred, fraichement sorti de prison et qui retrouvera les siens, gens du voyage, « chouraveurs » comme il le dit lui-même…

Même si la toile de fonds pourrait nous faire croire, au départ, à un épisode de l’émission Strip Tease, Mange tes morts dispose au contraire d’un scénario et d’une réalisation, caméra sur l’épaule, ce qui explique un peu mieux pourquoi le film fascine. En effet, à l’instar des frères Dardennes ou d’un Kechiche, tout sonne vrai dans ce cinéma réaliste qui pourtant nous amène bien loin. Est-ce que son réalisateur, Jean-Charles Hue, a passé des années auprès de ce peuple qu’il filme ou a t’il su capter toute l’essence des gadjos de Picardie ? Est-ce que ce sont plutôt les acteurs amateurs qui ont réussi à brillamment s’imprégner de l’histoire du réalisateur ? Sans doute un peu de tout…Mais le film va aussi beaucoup plus loin lorsqu’il installe la virée finale comme une quête initiatique…

L’expression « mange tes morts » est une insulte, qui signifie qu’on envoi l’autre renier ses ancêtres…  Avec son second long métrage, Jean-Charles Hue réussit à donner beaucoup avec peu…et sans même que le spectateur s’en rende compte. Étrange !

 

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