Les manèges humains

Des émotions dérangeantes pour un sujet important : Du beau travail du réalisateur Martin Laroche  ♥♥♥½

Tourné sous forme de docu-fiction, « les manèges humains » épousent la voix de Sophie, jeune québécoise originaire d’Afrique et embauchée à la fois à un stand et pour faire un documentaire sur la fête foraine québécoise. Sophie a un secret : A l’âge de quatre ans, elle a été excisée ce qui lui confère une difficulté arrivée à l’âge adulte : la sexualité.

Parler de sexe avec ses amis n’est pas un problème, c’est    même un besoin presque vital… comme celui de perdre sa virginité afin de profiter des mêmes jouissances que ses homologues.

 

Le sujet est délicat voir même plutôt osé pour un réalisateur qui choisit de tourner avec une caméra introspective (celle dont se sert Sophie pour filmer son propre documentaire) et confère une certaine réalité au long métrage. Parfois même le spectateur est placé en tant que voyeur via des axes mal cadrés. Faut-il apprécier ce film et ses protagonistes plutôt attachants ou rejeter l’impudeur du choix de la jeune fille ?

C’est aussi grâce à ce choix que le spectateur finit par supporter plus aisément la violence de la quête de la jeune fille…

« Les manèges humains » est donc un film cru, dérangeant mais jamais insoutenable (on pense forcement à l’Anthéchrist de Von Trier) et qui retranscrit avec une belle habilité une cohérence de récit et un naturel permettant une émotion réelle.

Martin Laroche choisit d’épouser la même élégance de mise en scène que son interprète principale, Marie-Evelyne Lessard, et livre un troisième film de bonne qualité.

La première belle surprise de 2013 à date.

Ouvoir.ca

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