L’écume des jours

Michel Gondry s’attaque a l’un des monuments de la littérature française du XXème siècle: « L’écume des jours » de Boris Vian (1920-1959) sorti en 1947. ♥ ♥ ♥ 
Du point de vue technique, le film est plutôt une réussite. L’imaginaire et l’univers de Gondry rendent justice à l’esprit, à la folie et à l’ambiance du roman.
Les scènes de l’appartement de Colin (Romain Duris) ou de la patinoire Molitor par exemple sont pleines de fraicheur et d’originalité et réussissent à nous plonger dans un autre monde. Le film n’est pas sans rappeler d’ailleurs un des précédents films du réalisateur sorti en 2006 : « La Science des rêves »
La musique qui est aussi très présente dans l’œuvre originale trouve ici formidablement sa place. Elle n’est pas en toile de fond, elle n’est pas juste un prétexte pour rythmer le film. Elle est un des personnages principaux avec notamment le morceau de Duke Ellington « Chloé ». Colin y fait d’ailleurs référence la première fois qu’il rencontre Chloé : « Etes vous arrangée par Duke    Ellington? »
Colin et Chloé, ce couple d’amoureux qui a mon avis forme une des plus belle histoire d’amour de la littérature française et la galerie de seconds rôles que sont Nicolas (Omar Sy), le cuisinier de Colin, Isis (Charlotte Le Bon) une des amies de Chloé et le couple Chick (Gad Elmaleh) et Alise (Aïssa Maiga) me semblent dépassés par leurs personnages. A part peut-être Omar Sy, les autres acteurs ne m’ont jamais vraiment convaincus.
Michel Gondry a réussi à reproduire l’atmosphère du livre mais il en a perdu l’essence, l’âme. Mettre les mots du texte original dans la bouche des acteurs ne fait pas pour autant d’eux les personnages.
On a du mal a croire à l’histoire d’amour de Chick et Alise et même Colin et Chloé sont fades. Romain Duris et Audrey Tautou qui se retrouvent pour la troisième fois après « L’auberge espagnole » en 2002 et « Les poupées russes » en 2005 font du mieux qu’ils peuvent mais n’arrivent    pas a donner vie a leurs personnages et a l’histoire d’amour.
L’émotion n’est jamais vraiment présente dans le film, noyée dans la technique nécessaire pour reproduire le surréalisme du roman.
 Cependant, même si le film n’est pas un chef d’œuvre, je vous conseille d’aller le voir que vous soyez fan de l’œuvre originale ou non.
Le film nous fait passer un bon moment et nous permet de retrouver l’esprit créatif,    décalé, torturé et subversif de Boris Vian toujours aussi moderne et d’actualité plus de cinquante ans après sa mort.
Je vous laisse donc sur ces mots de l’auteur qui figurent en avant propos du roman : « L’histoire est entièrement vraie puisque je l’ai imaginée d’un bout a l’autre »
critique par: Loïc Antoine
Écrit par :

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *