Le Règne de la beauté

Le nouveau film de Denys Arcand, Le Règne de la beauté, n’est pas juste mauvais, c’est encore plus à côté d’la track que Stardom et Joyeux Calvaire réunis et ça, c’est un exploit des plus étonnant! ♥

Il y a une  période de l’histoire québécoise que je semble avoir manquée, celle où, au même titre que les frères André et Kateri Tekakwitha, Denys Arcand fut canonisé. La couverture médiatique de son nouveau film semble être l’équivalent de l’accueil qu’on ferait à la parole de Dieu le père. Même négativement, on en parle beaucoup trop, jusqu’à exagérer que ce que c’est en fait. Lui ou des membres de son équipe sont de tous les médias et autres évènements médiatiques, jusqu’au Journal des Diplômés de l’université de Montréal qui fait sa page couverture avec St-Denys-Arcand.  En comparaison, les trois derniers films de FF Coppola réunis n’ont pas mondialement reçu une aussi grande couverture médiatique que le nouveau film d’Arcand au Québec, et en comparant, Coppola a plus de chef-d’œuvres en banque qu’Arcand, Jésus de Montréal en est un, Réjeanne Padovani aussi, certains de ses documentaires aussi pourraient revendiquer le statut de chef-d’œuvre, mais c’est tout. Malgré leurs qualités certaines, Seul ou avec d’autres, Gina, Le Déclin de l’Empire Américain et Les Invasions Barbare n’en sont pas. Et si son nouveau film avait été le Citizen Kane ou la Règle du Jeu du vingt-et-unième siècle, j’aurais compris, mais on est à des années-lumière de là.

Premièrement, la direction photo est pompeuse à l’extrême: Arcand nous fait passer Toronto pour la ville la plus glamour du monde, et des plans du St-Laurent qui donnent envie de partir en vacances la-bas, mais plutôt version calendrier qu’on trouve au Jean-Coutu durant le temps de fêtes. Reprochons au réalisateur et à sa directrice photo ce que nous reprochions à Paolo Sorrentino et sa Grande Bellezza, il ne suffit pas de seulement filmer un chef-d’œuvre ou paysage sublime pour qu’il en résulte un chef-d’œuvre. Des émissions de tourisme et d’architecture nous montrent quotidiennement à la télévision de magnifiques panoramas avec autant d’inspiration visuelle qu’Arcand le fait.

Deuxièmement, le scénario, c’est plus que du déjà vu, c’est du copier-coller. Je me souviens d’une critique peu élogieuse du Rolling Stone à propos de l’album Surprise de Paul Simon: «despite the album’s shiny surface, Simon sounds like Simon». C’est un peu gratuit comme commentaire, je trouve cela normal qu’un auteur, Denys Arcand dans le cas qui nous intéresse, ressemble à lui-même, qu’il a une ligne directrice dans l’ensemble de ses films et que par moment une scène ou un plan nous évoque un œuvre précédente c’est tout à fait normal. Dans le générique final du Règne de Beauté, il y a un plan sur un maison et il neige, comme dans le générique final du Déclin. Les scènes où l’on discute en groupe sont de presque tous ses films, ici encore elles sont présentes. Le problème c’est quand cela semble forcé pour être là, sans rythme, sans réel lien avec le développement dramatique de l’œuvre et ça, le Règne de la Beauté en regorge. Au début du film, le personnage principal revient de Toronto, il explique à son groupe d’amis la composition du jury d’architectures dont il faisait partie, les mots utilisés dans cette réplique sont un véritable copier-coller de répliques des Invasions, deux-trois noms sont changés… à peine ! Dans une autre scène, qui n’est là que pour venir nous passer un petit message politique, Arcand nous montre un souper durant lequel une infirmière raconte qu’elle gagne trois fois moins qu’un docteur en travaillant trois fois plus…Sans lien ni conséquence avec l’histoire, la scène aurait pu être introduite ailleurs dans le film que cela n’aurait rien changé.

le regne de la beauté

Son scénario aussi est d’une pauvreté inouïe, multipliant les clichés et les lieux communs. La plus pitoyable est la scène d’ouverture d’en laquelle Éric Bruneau vieilli et accompagné d’une midinette, se rend au gala d’un prix honorifique qui lui est remis. Durant son discours d’acceptation, évidement personne ne l’écoute, on dort, on baille et quand cela finit on applaudit, on félicite le récipiendaire tout en se rappelant de ne pas manquer la remise des prix du libraire… Clichés, clichés, clichés….

Troisièmement, le choix du «casting»… Éric Bruneau, celui qui depuis les premières saisons de Toute La Vérité, est un comédien, certes talentueux, mais disons qu’il est loin d’avoir le talent et le charisme d’un Steve Laplante ou d’un Sébastien Huberdeau, pour prendre des exemples d’ici, qu’on essaie de nous le vendre comme de la nouvelle star montante, le nouveau Roy Dupuis, lui donnant  les premiers rôles à la télé, au cinéma et au théâtre, un peu comme l’on avait fait avec Patrice Robitaille avant de prendre du recul et de s’apercevoir qu’il n’est peut-être aussi charismatique que l’on le croyait. La plus belle qualité du jeu d’Éric Bruneau est d’avoir de belles fesses et ça, Denys Arcand les filme en abondance.

La seule vraie qualité du film, si on doit en trouver une, se retrouve dans le travail d’exception qu’a fait l’équipe des maquillages: rarement on a vu un travail de vieillissement aussi bien fait que celui effectué sur Mr. Bruneau et sur Melanie Merkosky (la révélation du film) dans la scène d’ouverture: c’est subtil et crédible, tout en finesse.

 

Écrit par :

**class!K**

Un commentaire

  1. missmalaise
    14 mai 2014
    Reply

    Vouloir faire sa marque comme critique en signant un papier condescendant sur un réalisateur de renom, soit, c’est de bonne guerre. Mais disons que vous auriez eu ô combien plus de crédibilité, M. Gariépy, si votre article n’avait pas compté 72 fautes par phrase.

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