Jeanne Moreau

Peu d’actrices peuvent se vanter d’avoir une carrière de plus de 60 ans et d’avoir été presque toujours dans des films qui sont parmi le plus beau du moment. Il en est une, Jeanne Moreau qui depuis 1949 collectionne les chefs-d’œuvre et les indémodables classiques. Elle collectionne aussi les prix et les hommages. À ce jours elle est la seule personne à pouvoir se vanter d’avoir à son compteur pas un mais deux Césars d’honneur, qui s’ajoutent à : son César d’interprétation en 1991 pour La vieille qui marchait sur la mer de Laurent Heynemann; son BAFTA de la meilleure actrice étrangère en 1967 pour Viva Maria! de Louis Malle; sa Palme d’or d’honneur remis au Festival de Cannes en 2003, son Ours d’or d’honneur remis au Festival de Berlin en 2000; son Lion d’Or d’honneur remis au festival de Venise en 1992 et son prix d’interprétation à Cannes en 1960 pour Moderato Cantabile de Peter Brook, d’après le roman de Marguerite Duras.

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Moderato Cantabile est d’ailleurs le premier chaînon d’une filiation particulière qu’il y aura en Jeanne Moreau et Marguerite Duras. Au cours des années, l’actrice est devenue l’image cinématographique de l’écrivaine : en 1966, la grande Jeanne est la Mademoiselle de Tony Richardson et Duras est au scénario adaptant Jean Genet, en 1972, Moreau est, avec Lucia Bosé, le personnage principal de Nathalie Granger, scénarisé et réalisé par l’écrivaine. En 1992, lorsque Jean-Jacques Annaud réalise l’adaptation de L’amant, le plus célèbre roman de Duras, il demande à Jeanne Moreau d’en faire la narration. Et la symbiose de leur filiation vient en 2002, lorsque l’actrice interprète l’écrivaine de la biopic Ces Amours-Là de Josée Dayan.

En cours de carrière, Jeanne a toujours réussit à tirer le meilleur des réalisateurs et des acteurs avec lesquels elle tournait. Premier grand film, Meurtres? en 1950 de Richard Pottier avec un Fernandel qui fut rarement aussi sobre et touchant, et en date, dernier grand film, Plus tard tu comprendras, datant de 2009 du réalisateur israélien Amos Gitai. Entre les deux, plus 140 films, autant français, italiens, allemands, britanniques, américains, grecques, taïwanais ou même québécois. Parmi eux des immenses chefs-d’œuvre du 7eart : Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle (1957), Les Amants de Louis Malle (1958), La Notte de Michelangelo Antonioni (1961), Jules et Jim de François Truffaut (1962), Evade Joseph Losey (1962), Le Procès d’Orson Welles (1962), Le Journal d’une femme de Chambre de Luis Buñuel (1964), Monsieur Klein de Joseph Losey (1976), Querelle de RW Fassbinder (1982), Le pas suspendu de la cigogne de Theo Angelopoulos (1991)… et la litanie des titres marquants pourrait continuer encore et encore.

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En 2012, deux films, Une Estonienne à Paris du belgio-estonnien Ilmar Raag, qui sort au Québec ce mois-ci et Gebo et l’Ombre du réalisateur centenaire Manoel de Oliveira, encore inédit sur nos écrans. Lors de leurs sorties européens, la presse fut relativement favorable aux deux films, preuve que la Jeanne Moreau est encore au sommet, malgré ses 85 ans.

Laurent

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