Inherent Vice

Les hippies ne sont pas morts ♥♥♥

DOC, aussi dénommé Larry Sportello, détective privé et surtout gros fumeur de marijuana, se voit confier une mission secrète par son ex petite amie Sachta : retrouver son amant millionnaire magnat de l’immobilier (et tout aussi gelé). À cette première affaire viendront se greffer les récits divers qui nourriront le mythe du Cartel nommé « The Golden fang ».

Nous avions presque oublié les années 70 les fleurs et les drogues, tant ces dernières années Hollywood s’efforce de remettre au goût du jour la face puritaine des Etats-Unis, robes bouffantes, filles prudes et coca-cola (voir les séries Mad Men, Master of sex)

Heureusement, Paul Thomas Anderson ravive notre nostalgie adolescente, fascinée par une époque d’insouciance, d’innocence et du laisser vivre triomphant. Inherent Vice, rencontre du film de dope façon Up in smoke, sublimé par le toujours aussi grandiose Robert Elswit (qui a éclairé tous les films de PTA) et rendu intellectuellement acceptable par un cinéaste reconnu.

Paul Thomas renoue avec le récit chaotique, sulfureux, en saturation de drogue et de sexe de Boogie Night. Si le manque de cohérence, le scénario touffu et désordonné déplairont à beaucoup, d’autres se laisseront toujours séduire par le second degré omniprésent. Alors que dans Punch Drunk love, l’idylle romanesque est sans arrêt désamorcée, c’est ici l’enquête policière qui prend des allures peu conventionnelles et risibles : le témoin apporté sur un plateau, le policier/figurant californien (rappelant un certain Governor) qui mange des bananes de manière obscène, les rencontres trop fortuites pour être crédibles, les agents du FBI qui se curent le nez quand ils ne savent pas mentir.

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Très loin de la construction de The Master ou There will be blood, Inherent vice est un film grouillant  de bestioles en tout genre, toutes bouffies de stupéfiants et aux appétits charnels prononcés. Des bestioles qui rongent et se moquent de cette Amérique qui essaye désespérément de se rendre propre mais en ressort toujours ridiculisée. Une Amérique dépassée par sa propension de marginaux, de désaxés, d’enfants de drogués malformés, de vices cachés en somme.

Difficile de qualifier Inherent vice de film inégal ou de trip underground genre  Easy rider. Il n’empêche qu’on ne peut enlever au cinéaste sa force imaginative, capable de tout décloisonner avec tant de politiquement incorrect, où gangs blacks et nazis coopèrent. L’univers débridé de ce cinéaste hors pair ne cessera de fasciner ces fidèles spectateurs.

Retrouvez notre portrait de Paul Thomas Anderson

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