SEE – saison 1, États-Unis, 2019

Où voir ça : Apple TV+ en version originale anglaise et version doublée française
Production : et
Créée par :
Scénario : StevenKnight, , Jonathan E. Steinberg, Soo Hugh, Dan Shotz,
Réalisation : , Anders Engström, et
8 épisodes, entre 49 et 47 minutes

 

Fraîchement débarquée sur Apple TV+ le 1er novembre 2019 – le jour du lancement de la plateforme – See est une série de science-fiction créée par Steven Knight, à qui on doit l’excellent Locke et le médiocre Serenity. Portée par Jason Momoa, See se situe précisément entre l’excellence et la médiocrité. La beauté de la photographie, la performance convaincante de Jason Momoa et les chorégraphies des scènes d’action tendent toutes vers l’excellence, c’est lorsqu’on s’attarde au scénario que See devient imparfait.


Dans un futur apocalyptique, la race humaine a perdu le sens de la vue et a dû s’y habituer en trouvant de nouveaux moyens pour interagir, se nourrir, et survivre. Divisée en plusieurs tribus rivales, la société est soudainement remise en question par la naissance de deux jumeaux voyants. Baba Voss (Momoa), le chef de la tribu Alkenny et le père adoptif de ces enfants, se voit dans l’obligation de partir vers des terres inconnues pour protéger les deux jumeaux de la reine Kane (Sylvia Hoeks), cheffe du royaume Payan. Cette dernière voit les nouveau-nés comme une menace pour l’espèce humaine.

En voilà une prémisse qui sort de l’ordinaire! Il faut cependant oublier toutes les faiblesses et incohérences scénaristiques que celle-ci amène pour apprécier See. Pourquoi les femmes sont-elles maquillées, habillées en robe, si personne ne les voit? Comment ont-ils fait pour construire toutes ces habitations ou encore comment se déplacent-ils tous aussi aisément? Ces incohérences laissent perplexe, mais après tout, See s’avère une série de science-fiction, un genre où il faut négliger ses doutes. Par conséquent, lorsque le spectateur se laisse aller et oublie ces imperfections, See devient un divertissement de haute qualité.

Tournée à Vancouver, au Canada, les décors sont majestueux et avec l’aide des magnifiques costumes, fabriqués par Natalie Bronfman, le visuel de la série est plus que réussi. Ensuite, que dire des scènes de combats? Violentes, originales et assemblées au montage sans coupures inutiles, ces séquences s’avèrent enlevantes. Depuis la dernière saison de Game of Thrones, rarement avait-on vu une production du petit écran avec une telle maîtrise dans ses scènes d’action. On devient impatient de voir Baba Voss croiser de nouveaux adversaires. La finale de l’épisode 3 vous restera à l’esprit tant elle est choquante par sa brutalité. Âmes sensibles s’abstenir, le sang et le gore ne manquent pas à l’appel. Encore une fois, croire en l’aisance des personnages, rappelons-le aveugles, de se défendre ainsi s’avère primordial pour se délecter de ces intenses passages. 

À la distribution, Jason Momoa épate. Pour plusieurs, il est le super héros Aquaman, toutefois, sans rabaisser son interprétation du personnage de DC Comics, l’acteur américain, né dans l’État d’Hawaï, est désormais Baba Voss et ensuite Aquaman. Son jeu est d’une telle justesse qu’il devient impossible de s’imaginer un autre acteur dans la peau du personnage. Sylvia Hoeks, récemment vue dans le Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve, est méconnaissable dans le rôle de Queen Kane. Ayant décidé elle-même de se raser les cheveux pour le bien de son personnage, l’actrice arrive à créer une antagoniste cruelle et malintentionnée. On se surprend à détester Queen Kane d’épisode en épisode. Du côté des jumeaux, Archie Madekwe et Nesta Cooper livrent des performances plus que respectables et une belle chimie se développe entre les deux jeunes acteurs. Finalement, Hera Hilmar ne s’en laisse pas imposer par ses collègues et joue à la perfection un personnage qui cache de lourds secrets. 

See est loin d’être sans fautes. Après avoir accepté l’idée du monde fictif de Steven Knight, la série originale d’AppleTV+ s’écoute et s’apprécie, par contre, il faut franchir cette première étape et certains n’y arriveront pas. Il faut oublier l’absurdité de nombreuses situations : le héros (aveugle) retrouve son fils en pleine forêt et le sauve in extremis des lames ennemies. Finalement, on regrette certaines longueurs dans les premiers épisodes, particulièrement les scènes au royaume de Payan. En ne considérant pas ces défauts, See s’avère une série originale, divertissante et remplie de surprises. Offrant des chorégraphies de combats à rendre jalouses toutes les productions du petit écran, See peut même être considérée comme une série sous-estimée. Sur Netflix, elle serait un « hit », sur Apple TV+, elle demeure une série pas assez « See ».

 

Bande-annonce originale anglaise :

Crédits photos : Apple Tv+

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