Straight Outta Compton

Straight Outta Compton est un biopic honnête qui rend un bel hommage à la légende qu’est NWA. ♥♥♥½

Straight Outta Compton: Un album révolutionnaire qui a marqué de Gwyneth Paltrow à Rage Against the Machine .

NWA: Un acronyme des plus évocateurs pour tous les fans de musique et légendaire pour tous les admirateurs de hip-hop. Il faut dire que les « Niggaz with Attitude » qu’était Dr. Dre, Ice Cude, Eazy-E, Mc Ren et DJ Yella ont, avec quelques autres comme Run DMC, Beastie Boys ou Public Enemy, révolutionné le monde du Hip Hop et jeté les bases de ce qu’il est encore aujourd’hui. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’une biographie ne vienne faire justice à leur héritage sans partage; grâce aux deux membres les plus marquants et connus du groupe, c’est maintenant chose faite grâce à Straight Outta Compton.

Un exercice honnête

Biopic fort réussi, le film retrace l’histoire de NWA, à partir de sa formation, mais se penche principalement, sur les déboires  qui ont marqué les différents membres du groupe durant leur passage au sommet. Les ruptures, les succès et les échecs, autant collectifs qu’individuels  (les membres ayant chacun eu des carrières solos, certes à différents niveaux, assez spectaculaires) sont scrutés à la loupe. Les références du genre n’étant pas légion, le film se démarque avantageusement de 8-Miles. Plutôt que de s’attarder sur la jeunesse difficile des jeunes rappeurs (le film met tout de même la table pour ce qui deviendra la légende, notamment leur chanson essentielle Fuck the Police), le film s’attarde à la difficulté vécue par l’arrivée brutale au sommet alors que les protagonistes peinent parfois à savoir comment réagir.

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Le montage du film est serré et intense, comme une chanson de rap hardcore. On raconte leur histoire par bribe et  on n’hésite pas à faire des sauts dans le temps, les lieux ou laisser des parcelles d’histoires non abouties. À la manière de NWA, le film ne perd pas de temps pour transmettre son propos et la technique le rend bien. À travers les raccords brutaux illustrant les histoires et déboires vécus par l’ensemble des membres, nous assistons autant aux moments de l’évolution d’un groupe mythique qu’à ceux d’un mouvement au grand complet.Les références aux grands du mouvement (Snoop Dog et 2Pac notamment) ayant été sur le chemin de NWA illustre sobrement l’influence du groupe. Le traitement des producteurs directement associés au film (Dr Dre et Ice Cube sont à la production) est en effet empreint d’une surprenante humilité en ce sens que le film ne fait qu’effleurer l’héritage colossal laissé par NWA.

Parlant des producteurs, on voit également leur influence bien nette à la production. En effet, autant Dr Dre que Ice Cube sont montrés sous leurs meilleurs jours tout au long du film; Dre en tant qu’intello branché sur ses classiques Motown et Funk des années 1970 et 1980 et Ice Cube comme un mania de l’écriture qui passe sa vie à scribouiller des textes. Le film est aussi l’occasion pour les deux comparses de régler certains comptes avec des associés (notamment le gérant original)  comme de livrer un bel hommage à Eazy-E, décédé du sida en 1995, qui occupe une place centrale dans le film et peut-être moins dans l’histoire du groupe ou du hip-hop en général. Si Dj yella et Mc Ren sont laissés en plan en bonne part, ce choix témoigne peut-être davantage de leur influence et leur renommée qui est aujourd’hui bien moindre que celle des autres membres.

Au final, c’est un biopic des plus honnêtes et touchant, qui viendra ravir à coup sûr le fan de Hip Hop, séduira sans nul doute l’amateur de musique et intriguera assurément le cinéphile.

Ouvoir.ca

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