The Harvest

Une fable familiale fabuleusement angoissante. ♥♥♥♥

Du sensationnel, du spectacle, le cinéma n’échappe pas à cette tendance de société qui semble vouloir rendre de plus en plus extrême certains phénomènes sociaux (violence et sexualité en premier plan).  Alors que la mode du cinéma d’horreur est trop souvent réduite à l’hémoglobine puissance mille, il est bon de se rappeler à l’aide de film pertinent et puissant comme The Harvest que l’angoisse pure est souvent ressentie à l’aide d’une réplique, d’un regard ou d’un plan de caméra.

Katherine (Samantha Morton) et Richard (Michael Shannon) passent chaque minute de leur vie auprès de leur garçon gravement malade, Andy. L’étouffant à outrance et le gardant à l’écart du monde, il fera la connaissance d’une voisine qui sera son premier lien vers l’extérieur. Cette nouvelle amitié aura toutefois des conséquences imprévisibles tant elle viendra exacerber l’instinct protecteur des parents de l’enfant.

Le dernier né de John McNaughton (Henry, portrait of a Serial Killer) doit demeurer un mystère autant que possible afin que l’angoisse qui se tare dans chaque plan opère au maximum sur le spectateur. Tenant de Funny Games les rapports sociaux imprévisibles et choquants, le film aborde le douloureux thème de la manipulation, autant celle entre deux époux que celle d’un cinéaste sur ses spectateurs. Samantha Morton est stupéfiante dans le rôle d’une mère autant protectrice qu’angoissante alors que Michael Shannon continue de nous prouver qu’il est l’un des acteurs les plus talentueux des États-Unis. Le film progresse selon les codes stricts du suspense et même si cela fait en sorte que le cinéaste s’en sort de façon un peu lâche au niveau du scénario qui est infantilisé par moment au bénéfice la progression dramatique, on ne lui en tient guère rigueur tant l’ensemble est mené de main de maître. Un film dérangeant, tout sauf agréable pour le spectateur, mais diaboliquement réussi.

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