Au bonheur des ogres

Une adaptation du roman de Penac haute en couleur ♥♥½

Dans la tribu Malaussène, il y a quelque chose de curieux, de louche, d’anormal même diraient certains. Mais à y regarder de près, c’est le bonheur qui règne dans cette famille joyeusement bordélique dont la mère sans cesse en cavale amoureuse a éparpillé les pères de ses enfants. Pour Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel et frère aîné responsable de cette marmaille, la vie n’est jamais ennuyeuse. Mais quand les incidents surviennent partout où il passe, attirant les regards soupçonneux de la police et de ses collègues de travail, il devient rapidement le suspect d’un complot….

Adapter Daniel Penac n’est sans doute pas une mince affaire…l’univers de l’auteur français est en effet connu pour être complet, précis et bien particulier…A ce titre, nous pourrons très facilement relier ce Au bonheur des ogres à l’adaptation L’écume des jours de Gondry. Certes, le long métrage de Nicolas Bari (Les enfants de Timpelbach) n’arrive jamais à la cheville niveau direction artistique, mais il tente toutefois de retranscrire à l’écran un univers et un ensemble de personnages plus loufoques les uns que les autres.

A ce petit jeu, Au bonheur des ogres se laisse regarder en se perdant toutefois dans les détours de personnages nombreux et haut en couleur… La direction de casting est belle et les « noms » se succèdent dans les grands comme dans les petits rôles du film : Raphael Personnaz (nouvelle star), Berenice Bejo (Cannisée l’an passé), Guillaume de Tonquédec (césarisé pour Le prénom), Emir Kusturica (réal culte faisant parfois l’acteur), Alice Pol (en pédopsy sous-utilisée), Marie-Christine Adam (en mode Edith Snob de Holy Motors) et bien d’autres… Malheureusement les histoires dans les histoires ainsi que les nombreux personnages viennent surcharger un film qui visuellement en mettait déjà beaucoup (merci la post-prod).

Il aurait grandement gagné à épurer son scénario (et sa mise en scène) afin de rendre l’attachement à l’intrigue possible. Au lieu de ça, le spectateur regarde les numéros des acteurs d’un air détaché (et même si Personnaz et Bejo ont le sex-appeal et le talent nécessaire, ils ne marqueront jamais vraiment dans ce film)…il en oublie presque l’intrigue lorsque s’avance la fin.

Ouvoir.ca

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