Plus d’un an après la sortie en France de son long métrage, Les Gazelles, Mona Achache voit aujourd’hui ce petit succès en salle distribué à l’international et notamment au Québec où le film sort le 15 mai. 10 Questions à la réalisatrice du Film de Filles version 2.0 !
Syril Tiar : A la base du Scénario, il y a Camille Chamoux qui aujourd’hui cartonne en France avec « Née sous Giscard ». c’est une écriture vive, incisive et bourrée de référence….
Mona Achache : En effet, c’était son spectacle, le premier, Camille attaque qu’elle voulait adapter en film…Elle a travaillé pendant une année avec la coscénariste. On s’est alors rencontré après une première version du scénario…
ST : Et d’ailleurs, au départ, je crois que le film devait s’appeler « la loi de la jungle » ?
MA : Oui….Il y avait un titre assez guerrier dans le premier titre…de trop assumé. Cela ne ressemblait pas vraiment au film que j’avais envie de faire. Les gazelles est venu assez vite puisque c’est cité dans le film. C’est une appellation dont peuvent s’offusquer les jeunes filles quand elles ont 20 ans, qui peuvent les déranger…, mais à 30 ou 40 c’est assez différent.
ST- La réussite du film tient en sa qualité d’écriture à la fois dans le texte et dans ses personnages. Je voudrais savoir si avez beaucoup coupé au montage pour ne pas devenir un film choral…
MA : C’est vrai qu’au départ, une partie du film était écrit du point de vue d’Audrey Fleurot….Mais on n’a changé car cela me paraissait plus important d’avoir un seul point de vue. Donc on n’a pas voulu faire un film choral. Mais le groupe peut créer cet effet de film choral. Après le montage a été une étape passionnante….Car on n’a réussi à apporter beaucoup de choses puisqu’il fallait qu’on aille au-delà des images.
ST-C’est comme les vignettes au montage ? D’où vous est venue l’idée ?
MA : Le générique ? En effet, cela s’inscrit dans le décor de son appartement. J’aimais bien le côté artisanal du décor.
ST-Il y a beaucoup de scènes dansées avec beaucoup de rythme…est-ce qu’elles furent les plus difficiles à réaliser ?
MA : C’était assez compliqué par manque de temps, parce qu’on avait l’urgence de faire chaque scène de fête en une journée. L’enjeu était de retranscrire l’exutoire du personnage. C’était important pour moi…Mais une journée par fête, c’était rien du tout. Il devait y avoir beaucoup de travail avec les figurants pour que cela soit réaliste en fait…
ST-L’écriture de Camille est très intéressante. On s’en rend assez compte au second visionnement alors qu’en première écoute, cela peut paraitre « facile ». C’est à l’image du film qui gagne à être revu…
MA : Une des 1000 choses sur lesquelles on s’est retrouvé, c’est bien sur le fait de ne pas vouloir faire quelque chose de trop efficace ou trop vendeur. Il fallait plusieurs registres et ne pas s’enfermer dans quelque-chose. En effet, ce n’est pas une comédie légère. Les producteurs l’ont peut être vendu comme ça mais cela n’a jamais été notre but.
ST-Frank Gastambide, c’est un rôle écrit comme le mec parfait….il fallait ça pour marquer l’indécision de Marie ?
MA : Vous trouvez qu’il est parfait ? Pour moi, il est parfaitement imparfait (rires). Il est tétanisé devant l’indécision de sa conjointe… Il a l’air d’être étouffé dans quelque-chose. En fait elle ne fuyait pas quelqu’un mais un cadre dont elle ne voulait plus.
ST-Le rôle d’Olivia Cote est le rôle à sketch…un seul dans le film pour ne pas plomber l’intrigue?
MA : C’était moins recherché que cela au niveau de l’écriture. En fonction du casting, des scènes, à un moment un ton se forme et d’un coup un personnage était décalé. J’aimais bien qu’il y ait une femme qui plane au-dessus des autres.
ST-J’aime l’allusion au féminisme faite par le personnage d’Anne Brochet : « Mais on s’en fout du féminisme, nous ce qu’on veut c’est avoir le cul ferme »
MA : Ca vient comme une évidence; Le féminisme a permis beaucoup d’avancées…même faire un film de femmes, joué par des femmes, écrit par des femmes. Le sujet du film est rendu possible grâce au féminisme. C’était donc évident d’en rire à un moment.
ST- Quels sont vos projets à moyen terme ?
MA : On écrit un nouveau film avec Camille Chamoux et Camille Cottin. Cela évoquera des questions de liberté de la femme de nouveau mais sous un autre ton, un autre sujet.
Le film sort aujourd’hui au Canada…C’est le troisième après la Turquie et la Russie.




