Le festival Cinémania est maintenant terminé. L’heure est au bilan. Voici un dernier classement de cinq films vus durant le festival, accompagnés de courtes critiques. Voir ici le premier classement.
Les braises
Thomas Kruithof
Note : ★★★
Les Braises revisite le mouvement des Gilets jaunes à travers le prisme intime d’un couple déchiré par la politique : elle, s’y engage corps et âme, lui, refuse de s’en mêler. Virginie Efira et Arieh Worthalter y sont fabuleux et touchants. Le film, plutôt sage dans sa mise en scène, trouve pourtant sa force dans un portrait sensible et nuancé, où l’amour et la famille se frottent aux grandes questions sociales et aux convictions personnelles. Riche psychologiquement, juste dans ses émotions, Les Braises montre que le politique s’immisce au cœur du quotidien, sans jamais forcer le trait.

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La petite dernière
Hafsia Herzi
Note : ★★★
La petite dernière raconte la naissance du désir chez une jeune musulmane qui découvre son attirance pour les femmes, coincée entre ses premières expériences lesbiennes et sa foi. Comme dans Tu mérites un amour, Hafsia Herzi maîtrise l’art de filmer la rencontre et de capter l’humain avec vérité. La caméra attentive et sensible donne à voir un beau personnage principal, interprété par une comédienne non-professionnelle, Nadia Melliti, déjà récompensée à Cannes, remarquable de justesse. Le film reste assez classique et simple, sans grande profondeur, mais il assume cette modestie. Charnel, doux, émotionnel, c’est un film qui fait du bien.

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Classe moyenne
Antony Cordier
Note : ★★1/2
Classe moyenne s’inscrit clairement dans la veine très actuelle du eat the rich, opposant une famille de bourgeois à celle de leurs employés d’entretien. Le film ne révolutionne pas le genre et n’en est pas le meilleur représentant, mais il sait tirer son épingle du jeu grâce à quelques bonnes idées, notamment avec le personnage de l’entremetteur, qui ajoute une dimension plus rusée aux rapports de force. Comme souvent dans ce type de satire sociale, c’est cinglant, cynique et parfois cruel, mais aussi franchement drôle. Sans grande originalité, Classe moyenne demeure un divertissement sympathique et efficace.

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I Love Peru
Raphaël Quenard et Hugo David
Note : ★★1/2
I Love Peru est un faux documentaire qui retrace la montée en gloire de Raphaël Quenard avant de le suivre au Pérou, le cœur brisé. Le film repose entièrement sur la personnalité excentrique de son acteur, sa verve inimitable et son bagout infatigable. Il faut être fan de l’acteur pour apprécier le film. Même si elles sont souvent très niaiseuses, certaines scènes sont franchement hilarantes. Pas particulièrement intéressant sur le plan narratif, le film réserve tout de même une petite surprise : derrière la farce et l’absurde, il propose une réflexion sincère sur l’amitié, la solitude et le besoin d’exister aux yeux des autres.

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L’intérêt d’Adam
Laura Wandel
Note : ★★1/2
L’Intérêt d’Adam se déroule entièrement dans l’aile pédiatrique d’un hôpital, en temps réel. Le film suit une infirmière qui tente d’aider une jeune mère refusant de quitter son enfant souffrant de malnutrition. Composé de longs plans-séquences, le récit adopte un réalisme brut, sans artifice, qui crée une immersion saisissante. Le spectateur se retrouve coincé dans ce huis clos tendu. Si cette approche hyperréaliste rend le film prenant et difficile, la rigueur du procédé le rend aussi un peu froid et limite son impact émotionnel. Néanmoins, l’œuvre possède une indéniable portée sociale et humaine.

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