5 films vus à Cinémania 2025

Le festival Cinémania est maintenant terminé. L’heure est au bilan. Voici un premier classement de cinq films vus durant le festival, accompagnés de courtes critiques. Cinq autres films sont critiqués ici.


L’Épreuve du feu
Aurélien Peyre
Note : ★★★★

L’Épreuve du feu est un récit initiatique original. Hugo, 19 ans, invite sa nouvelle copine dans la maison familiale et se trouve forcé d’affronter ses propres failles. Fragilisé par une enfance difficile, il cherche à se connaître dans le regard des autres, incapable encore de donner l’amour qu’il ne se porte pas. Le film, tissé de non-dits, explore brillamment la peur de la dévalorisation sociale et la soif d’appartenance. Le mépris de classe, incarné dans le choc entre le jeunes bourgeois parisiens et sa copine esthéticienne, nourrit un malaise d’une justesse rare. Beau, généreux et solaire, le film respire la vraie vie. Anja Verderosa y est une authentique révélation.

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On vous croit
Arnaud Dufeys et Charlotte Devillers
Note : ★★★★

On vous croit est un huis clos judiciaire d’une intensité rare. On y suit une mère qui se retrouve devant un juge pour protéger ses enfants de leur père, qui fait appel d’une décision de justice lui refusant son droit de garde. La mise en scène, presque entièrement composée de plans fixes rapprochés, et les dialogues hyperréalistes créent une tension constante. Le spectateur est placé dans une position critique profondément inconfortable. On angoisse plus que dans n’importe quel thriller d’action et on reste suspendu aux lèvres des personnages. L’actrice Myriem Akheddiou est exceptionnelle. Elle porte ce récit éprouvant, troublant, mais terriblement efficace. Un véritable film coup de poing, stimulant et nécessaire.

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La danse des renards
Valéry Carnoy
Note : ★★★1/2

La danse des renards raconte l’histoire d’un jeune boxeur talentueux, sauvé d’un accident par son meilleur ami, mais marqué à jamais par la blessure qui l’empêche de remonter sur le ring. Traumatisé, incapable de continuer, il est peu à peu rejeté par son entourage. Le film est déchirant : dans ce portrait psychologique puissant, riche, l’amitié se fissure sous le poids du non-dit. Avec une grande finesse, il aborde la masculinité toxique, le traumatisme, les problèmes de santé mentale et les inégalités sociales. La mise en scène se distingue par sa sobriété, laissant l’émotion et les regards parler.

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Nino
Pauline Loquès
Note : ★★★1/2

Nino est un film tendre et profondément mélancolique. On suit un jeune homme découvrant qu’il est atteint d’un cancer, arpentant les rues de Paris pour se reconnecter au monde. Le scénario mêle habilement profondeur et légèreté. Il est ponctué de belles touches d’humour qui illuminent la gravité du parcours. Théodore Pellerin y est absolument magnétique : la caméra épouse son corps, ses déplacements et ses expressions avec une délicatesse rare. Une bande sonore superbe vient parfaire cette exploration intime de la fragilité du vivant.

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Invisibles
Junna Chif
Note : ★★★1/2

Invisibles est un film rare, frontal et profondément humain, qui aborde sans filtre le droit à la sexualité des personnes handicapées. À travers le parcours d’Ella, travailleuse du sexe devenue accompagnante spécialisée, le film ouvre une fenêtre inédite sur un monde auquel on n’a presque jamais accès. Réaliste et parfois cru, il offre de magnifiques scènes d’intimité, toujours empreintes d’empathie et d’humanisme. La dimension militante rend certaines répliques un peu didactiques, mais le message demeure nécessaire. Nadia Essadiqi se donne entièrement, tout comme Floyd Lapierre-Poupart et Stéphane Crête. Un film courageux, beau de vérité.

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