The Monkey : Un singe qui connaît ses grimaces, mais qui ne fait pas rire

États-Unis, 2025
★★★

C’est avec Longlegs, sorti l’an dernier dans un tonnerre médiatique surdimensionné, qu’Osgood Perkins s’est fait connaître du grand public. Roulant sa bosse depuis déjà quelques longs métrages, le cinéaste s’est imposé comme l’une des figures à suivre dans l’horreur cinématographique contemporaine, même si plusieurs critiques lui reprochent une paresse scénaristique et un laisser-aller, contrastant avec l’esthétique anxiogène de son plus récent projet.

En décidant de signer l’adaptation filmique de The Monkey, classique nouvelle de Stephen King, Perkins propose à présent une histoire semblant coller davantage à son ton. Les réflexes de mise en scène du réalisateur font écho au style éclaté et souvent loufoque de l’auteur américain, et le résultat final prouve qu’il s’agit ici d’une formule gagnante. Bien que le film ait de nombreux défauts et que son impact sur le public n’aura surement pas le même effet de surprise que Longlegs, l’ensemble de ce nouveau projet demeure plus maîtrisé que son précédent.

Dans le film, le fameux singe dont il est question est une sorte de jouet à l’allure effrayante que deux frères jumeaux trouvent par hasard. L’animal, qui tient dans ses mains les baguettes d’un tambour, demeure généralement immobile. Mais lorsqu’il s’anime, souvent sans raison, une force malveillante s’en émane et crée le chaos en causant la mort autour de lui. Très rapidement, l’automate s’entourera d’une aura malsaine, renforcissant la rivalité déjà existante entre les frères qui verront la mort frapper tout autour d’eux. Puis, sans arrêt, le singe fera son apparition dans leurs vies, comme une malédiction dont les garçons ne pourront pas se débarrasser. Pourquoi? Comme le veut la tradition dans l’œuvre de Stephen King, on ne le saura jamais réellement. Néanmoins, la véritable raison et la mythologie derrière l’intrigue apparaissent sans importance puisque Perkins et les spectateurs ne sont là que pour les frissons procurés par ce tour de manège.

À des fins de divertissement, The Monkey fait très bien son travail. Une fois écartée l’intrigue alambiquée et les personnages mal écrits, difficiles à prendre au sérieux, il reste tout de même plusieurs idées intéressantes. Les scènes de meurtres, dont le style fataliste et complètement absurde n’est pas sans rappeler Final Destination, sont originales voire surprenantes, tout en étant sanglantes et violentes à souhait. Le metteur en scène s’amuse réellement. On peut le sentir dans la folie émergeant du film alors que le reste n’a que très peu d’intérêt. En effet, mis à part cette escalade de violence efficace, il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent dans cette histoire de singe possédé.

Cependant, une certaine tentative de profondeur relève un peu le scénario, le démarquant d’un film de série B plus conventionnel. On soulève (et souligne au marqueur noir) le fait que le jouet maléfique représente, en quelque sorte, l’absurdité de la mort en général, pouvant frapper n’importe qui, sans raison ni perspective de justice. Cette idée, apportant une symbolique un peu plus touffue à la situation, est un terreau fertile que le film survole de peine et de misère.

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Au final, The Monkey n’est pas un échec et réussit même quelques bons coups dans l’ensemble. Perkins signe un film sans prétention, plus ancré dans son registre que ses essais précédents. Des lors, l’œuvre se laisse apprécier pour ce qu’elle est : un vide-cerveau plus violent que la moyenne, tenu par un scénario simple qui aurait néanmoins pu s’élever davantage.

***

Durée : 1h40
Crédit photos : C2, Atomic Monster et The Safran Company

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