Entrevue de Laura Wandel, pour L’Intérêt d’Adam

Sur une décision de justice Adam, un enfant de quatre ans, est hospitalisé pour cause de malnutrition. Lucy, l’infirmière pédiatrique en chef, autorise Rebecca, la mère d’Adam, à rester aux côtés de son fils, bien que le juge ait strictement limité les heures de visite. Mais lorsque Rebecca refuse obstinément de quitter Adam, les choses se compliquent. Dans l’intérêt de l’enfant, Lucy fait tout son possible pour aider la mère en détresse.

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L’intérêt d’Adam est un format très court d’une intensité et d’une efficacité folle. Après Un monde (2021), vous traitez une nouvelle fois de l’enfance, sous l’angle des maltraitances qu’ils peuvent subir (physiques comme psychologiques). Au cœur de ce nouveau métrage, vous mettez en corrélation le parcours de vos deux héroïnes campées par Anamaria Vartolomei (Rebecca) et Léa Drucker (Lucy) qui incarnent respectivement l’amour maternel obsessionnel et un dévouement professionnel excessif envers un enfant qui souffre de malnutrition. J’ai aimé le fait que vous présentiez des problématiques sans prendre parti, sans juger. Vous laissez le spectateur se faire sa propre idée, sa propre expérience en l’incitant à réfléchir. C’est d’ailleurs une des forces de votre cinéma de questionner sans chercher en permanence à apporter de réponses. Comment s’est passé le choix, j’imagine cornélien, de l’écriture?

LW : C’est vrai que ça a été vraiment très, très, très long et fastidieux. Il m’est difficile de vous donner une réponse exacte, mais ce qui est sûr, c’est que c’était beaucoup d’allers-retours et d’explications. Évidemment, j’ai été tentée d’expliquer pourquoi cette mère se comportait de cette manière-là. C’est d’ailleurs presque tout l’enjeu du film. La difficulté a donc été de faire en sorte que le spectateur ne porte pas de jugement sur cette mère et qu’il comprenne sa fragilité. C’est pour ça que j’ai fait ce choix assumé de ne pas donner d’explications. J’ai aussi fonctionné de cette façon pour l’écriture du personnage de l’infirmière, certes en lien avec les enfants, mais aussi avec les parents qui ne connaissent que peu de choses sur la vie des soignants en dehors de l’enceinte de l’hôpital. C’était aussi une façon de montrer ce que perçoivent au quotidien tous ces professionnels. C’est comme dans la vie, on n’a pas forcément accès à tout.

Encore moins au dossier personnel des patients.

LW : Oui et à nouveau, je souhaitais vraiment laisser une place au spectateur pour qu’il puisse s’imaginer des choses et participer au récit. J’ai cette impression que plus on lui laisse de l’espace, plus il s’attache à ce qu’on lui raconte. Évidemment, c’est un équilibre qui n’est pas toujours facile à trouver car on ne veut pas perdre son attention en cours de route.

Je trouve que le titre du film est très bien choisi car il représente parfaitement les enjeux que vous mettez en lumière. Au sortir de la séance, ce qui touche profondément, c’est de sentir que tout le monde a à cœur le bien-être de l’enfant. Tout le monde veut l’aider, tout le monde veut le sauver, seulement pour y arriver, personne ne va emprunter le même chemin.

L’empathie ne s’exprime simplement pas de la même façon chez tout le monde. De fait, vous opposez au sein d’un même service, deux visions du système médical : Daniel (campé par Laurent Capelluto) tient à respecter fermement les protocoles mis en place pour protéger les enfants tandis que Lucy, une infirmière pédiatrique tournée vers l’humain, privilégie son instinct à des règlements qu’elle juge absurdes. Chaque point de vue se défend et ce qui les relie, c’est la notion de limite. À quel moment peut-on continuer, à quel moment doit-on s’arrêter? D’après vous, est-ce qu’il est possible de trouver cette juste limite entre rigidité pour se préserver et flexibilité pour mieux soigner?

LW : Pour être tout à fait honnête, pendant le montage, on sentait qu’il manquait quelques petites scènes explicatives que l’on a par la suite retournées. Cela nous a permis de préciser le point de vue des deux professionnels de la santé. L’idée n’était pas de montrer la trop grande rigidité de l’un mais comme vous le dîtes très bien, de questionner le fait qu’il soit persuadé de faire de la bonne façon, dans l’intérêt de l’enfant. Bien connaître le positionnement de chacun nous permet également de rendre compte de leur vécu, de leurs expériences.

La carte magnétique d’accès de Lucy fonctionne souvent mal. De prime abord, il est possible d’y voir une simple désuétude du matériel, mais après coup, je trouve que c’est une façon astucieuse de signifier au spectateur que les voyants sont au rouge. Pourtant, Lucy insiste et franchit des portes sans être à l’écoute des signes, quitte à transgresser des règles qui ne font pas de sens pour elle. Si l’accès ne lui est, en soit, pas refusé, ses motivations peuvent être questionnables. Elle sacrifie notamment sa vie personnelle (les conversations téléphoniques avec sa fille sont tout le temps coupées) pour le bien-être de ses patients. Il lui est difficile de quitter le travail et de penser à elle. Néanmoins, c’est un choix, aussi difficile soit-il à prendre. On peut décider de mettre un terme à un système qui ne nous convient pas. Vous questionnez habilement cette notion. Quelle a été votre approche pour tenter de trouver le ton juste?

LW : Ça aussi, c’est quelque chose que j’ai pu observer lors de mes rencontres. C’est effectivement difficile de s’imposer des limites dans ce métier, et en parallèle, il est très difficile de les juger. C’est un des obstacles que j’avais envie de mettre en avant dans ce film. Néanmoins, la question des limites se retrouve un peu partout dans ce film, pas seulement vis-à-vis de Lucy en tant que mère et en tant que femme. Il est aussi question des limites de l’institution avec le manque de moyens et d’effectifs tout comme les limites morales. Ainsi de suite, vous voyez.

Tout à fait. Même s’il est aisé de constater la difficulté pour le personnel soignant à exercer son métier, il n’est pas pour autant reconnu à sa juste valeur. Le film tire alors toute sa force de ces détails que vous égrenez entre les scènes ici et là. Vous signalez la réalité de certains enjeux sans jamais insister (problème de remplacement d’un collègue, Lucy ne sera en congé que dans 3 jours). Il y a aussi ces itérations du quotidien quand Lucy se lave les mains en gros plan par exemple. Ce ne sont que des gestes qui, répétés inlassablement, usent, broient et peuvent déshumaniser tant la cadence est rude.

Il y avait une réelle volonté chez vous de dénoncer les conditions de travail difficiles du corps médical? Comment rester humain quand notre travail est tous les jours composé de répétitions? Et surtout, comment prendre les bonnes décisions quand on ne nous laisse pas le temps de réfléchir, de mesurer la portée de certaines actions?

LW : Oui, bien sûr. C’est vraiment ça. Vous savez, un des films qui m’a donné envie de faire du cinéma, c’est Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles (1975) de Chantal Akerman où il est aussi question de répétitions jusqu’à un certain craquage. Je ne sais pas si c’est visible à l’écran mais il y avait chez moi une envie de rendre hommage à ce film-là.

À nouveau, lorsque j’ai fait mes observations en milieu hospitalier, j’ai aussi été très touchée de voir que les travailleurs de la santé ont à peine le temps de s’asseoir pour manger. Ils ont tellement de patients, de plus en plus de patients pour de moins en moins de moyens, comme de collègues. Tout va très vite.

Oui et cette vigueur, cette énergie, on la ressent jusque dans votre réalisation, caméra à l’épaule qui capte l’incapacité du personnel soignant à se poser et donc à pouvoir prendre des décisions dans de bonnes conditions.

LW : Oui, ils n’ont plus le temps de penser.

J’ai lu que vous faisiez jusqu’à 40 prises par scène. L’abattement des personnages représente alors à l’image ce que vit quotidiennement le personnel hospitalier. C’est dans l’épuisement que vous cherchiez cette forme de vérité, d’authenticité pour témoigner de la rudesse du métier? On baisse la garde et on s’abandonne à son sujet?

LW : Oui et non. Je ne le fais pas pour épuiser le monde mais peut-être qu’inconsciemment, je cherche à ce qu’on ressente cet épuisement. Sans doute que je cherche l’épuisement. En tout cas, j’ai l’impression qu’à un moment donné, chez tout le monde, autant chez les acteurs-actrices que dans l’équipe, à force de faire et refaire une scène, quelque chose se relâche et finit par se dévoiler.

Et de cette façon, on finit par gagner en authenticité.

LW : Oui. Je ne saurais pas vous expliquer pourquoi, mais souvent, c’est comme ça que ça se passe.

Avec toutes ces scènes tournées, j’imagine que le montage a dû être très éprouvant également. Cela ne doit pas être facile de scruter à l’image le moindre détail qui va permettre d’être fidèle à l’émotion que vous souhaitez insuffler au film. Comment se passe votre processus?

LW : Un film, c’est tellement quelque chose d’organique qu’il est souvent très compliqué d’anticiper ou de voir au tournage, sur le moment, ce qui pourrait manquer. Comme je vous le mentionnais tantôt, on a dû retourner des scènes une fois le tournage fini, notamment le passage où le personnage de Léa Drucker se lave les mains. Je trouvais qu’il manquait des moments où l’on donnait davantage à ressentir au spectateur l’intériorité des personnages.

J’avais déjà dû pour mon film précédent retourner des scènes également. On avait eu un jour de tournage en plus et ça a été la même chose pour ce film-là.

C’est bien que les producteurs vous permettent de le faire, ce n’est pas quelque chose d’habituel sur les tournages.

LW : Oui, ce n’était que pour une journée et heureusement, le lieu était encore disponible. Le montage, c’est vraiment un travail d’orfèvrerie où la moindre seconde en plus ou en moins peut faire redescendre la tension voulue.

Surtout qu’il ne fallait pas perdre le rythme très important sur ce métrage.

LW : Exactement. Pour tout vous dire, je ne m’attendais pas à ce que ce soit un film si tendu.

En parlant de rythme, les allées et venues de la caméra qui suivent Lucy, tantôt de face tantôt de dos mettent en exergue l’incertitude avec laquelle le personnel soignant doit composer pour travailler. De dos, on a du mal à suivre son rythme tellement il est effréné et de face, on se prend de plein fouet sa détermination et sa volonté à vouloir pousser les murs. Pourtant, malgré ce rythme haletant, vous insufflez au récit des moments de pause, voire de silence, notamment grâce à un travail du son remarquable. Je pense à la scène où Lucy pénètre dans une chambre pour enfants tandis que la cohue des bruits de couloirs se coupe instantanément. Elle s’accroupit pour leur parler et se met à leur niveau. Sans faire perdre la visée dramatique du film, cette bienveillance, empreinte de douceur, permet au spectateur de souffler un peu. C’était important pour vous d’avoir ces moments de calme et de répit dans la narration?

LW : Oui bien sûr. J’ai travaillé avec la même équipe que sur Un Monde, film sur lequel on retrouvait également ce travail-là des silences. Et comme vous l’avez sûrement remarqué, il n’y a pas de musique. Pour moi, la bande sonore, c’est vraiment LA musique du film, comme une partition musicale qui s’est étalée sur plusieurs mois.

Je suis en train de réaliser que vous avez la même approche que le réalisateur Stéphane Brizé dans ce rapport à la musique, mais également dans vos choix de thèmes, toujours d’ordre social comme dans La Loi du marché (2015) ou En guerre (2018). Il m’expliquait l’usage modeste qu’il en fait car selon lui ça force l’émotion et vient annihiler tout son travail de mise en scène qu’il essaye de conserver à distance. J’ai l’impression que votre cinéma a la même visée.

On ne peut s’empêcher d’y voir également un lien de parenté avec Rosetta (1999) des Frères Dardenne dans cette volonté de coller au plus près des émotions du personnage que l’on n’abandonne jamais dans son rythme effréné. La caméra portée accompagne les mouvements du quotidien ainsi que les soins médicaux. J’ai alors trouvé les nombreux plans séquences judicieux car ils favorisent le climat de tension et permettent ainsi au spectateur de bien comprendre la réalité du corps médical grâce à cette immersion lourde de sens. Ce choix de mise en scène a été pensé rapidement dans votre processus de préparation?

LW : En fait, je pense que le fait de la montrer de dos très souvent vient de mon travail d’observation où j’avais cette posture. Bien évidemment, c’était aussi une manière de rendre l’expérience plus immersive pour le spectateur, qu’il puisse ressentir le film avec son corps. C’était très important pour moi que ce soit un film qu’on appréhende par l’intellect autant que par le physique. À ce propos, on a tourné dans un vrai hôpital et on a eu la chance avec mon chef-op et ma scripte d’y aller quelques jours avant le tournage. Ça nous a permis de trouver la bonne manière pour filmer les scènes, sous quel angle…Évidemment, au moment du tournage, avec les acteurs, les actrices et toute l’équipe, il y a des changements qui s’opèrent puisque la création est organique comme je vous disais tantôt. J’essaie toujours d’être à l’écoute de ce qui se passe au moment où les choses se font. C’est une espèce de danse à laquelle tout le monde adapte son rythme. C’est un travail collectif dont je donne néanmoins la mesure dès l’écriture.

J’imagine que vous avez davantage répété le plan séquence palpitant où Lucy passe du service pédiatrique aux urgences. Deux services collés mais qui pourtant ont du mal à communiquer. Ça nous permet de comprendre la dure réalité du métier et de toutes ces responsabilités qu’ils ont à gérer.

LW : C’est vrai que ce plan séquence a mis 5 jours à être tourné de mémoire. Ça a été long.

La caméra passe souvent du visage de la mère vers celui de l’infirmière, créant ainsi un pont dans leur communication bien que leurs opinions divergent. C’était une volonté pour vous, malgré l’abnégation de certaines situations par Lucy, de créer une sorte d’identification au parcours de Rebecca qui élève sa fille seule tout comme elle?

LW : Oui. C’est une façon de créer un lien entre les deux. Je dirais même que l’une est le miroir de l’autre et inversement. Je pense que ce n’est pas la première fois que Lucy vit ce genre de situation face à une mère complètement désespérée et fragile, tout en étant révoltée d’avoir si peu de ressources pour exercer son métier correctement. C’est d’ailleurs quelque chose que le personnel soignant m’a témoigné et face auquel ils sont démunis. Selon moi, le fait que Lucy aille si loin dans son investissement, c’est une façon de montrer sa révolte mais surtout de dire stop. Il faut que l’on prenne des mesures pour que cela change.

Quand le chef de service questionne les décisions de Lucy dans son rapport à l’enfant, on la retrouve dans le vestiaire en train de se changer, il y a une multitude de petits cubes en verre derrière elle. J’ai particulièrement aimé ce plan-là qui m’évoque une multitude de tiroirs, comme autant de patients et d’histoires qui occupent toutes ses journées. C’était, pour vous, une façon de montrer qu’il est difficile de concilier vie personnelle et vie professionnelle?

LW : Oui et d’ailleurs cette scène a été tournée par après. On a très peu d’informations sur ce personnage. Et de montrer des petits moments comme celui où elle se masse les pieds parce qu’elle ne fait que marcher toute la journée, c’est une façon de rentrer dans ses pensées et dans son corps. Et aussi, dans le rythme, ça permet au spectateur d’être plus…comment dire…

Plus réceptif?

LW : Oui, que le spectateur soit davantage connecté à ce qu’elle vit.

Dans une scène où Lucy essaye de nourrir le jeune Adam, il lui répond que c’est dangereux. Vous mettez ainsi en avant le fait qu’il faut faire attention aux mots prononcés devant les enfants car ils ont un poids et un impact parfois dévastateur. Les enfants sont des éponges, ils se construisent souvent à l’image de leurs parents. C’est l’éducation qui sauvera nos enfants?

LW : Tout à fait. Adam fait juste répéter ce qu’il entend. Il est complètement pris dans un conflit de loyauté. Et ce n’est qu’après un événement marquant qu’il pressent qu’il pourrait être en danger.

Vous faites, je trouve, un cinéma social engagé très proche des gens, à la limite du documentaire. Qu’est-ce que la fiction vous amène en plus ?

LW : J’adore les documentaires! Néanmoins il y a quelque chose de très personnel qui m’arrête : c’est le rapport à l’image et la responsabilité que l’on a vis-à-vis des vraies personnes.

C’est quelque chose qui me fait très peur. En même temps, la fiction permet aussi de montrer, il me semble, peut-être davantage l’intériorité et une subjectivité plus intéressante.

C’est la façon dont ces gens vont recevoir votre vision des choses qui vous fait peur?

LW : Je reviens à cette notion de responsabilité que je trouve beaucoup trop lourde. C’est quand même leur image et il faut que le message soit à la hauteur.

Cela étant dit, c’est vrai qu’on me dit souvent que ce film ressemble beaucoup à un documentaire et c’est quelque chose qui me touche énormément.

En même temps, vous vous êtes documentée pendant près de deux ans sur le milieu médical infantile et vous avez fait un stage de 3 semaines dans un service pédiatrique afin de rendre compte, avec un réalisme accru, des dynamiques médicales et sociales.

Qu’est-ce qui motive et nourrit votre cinéma?

LW : Ça c’est une bonne question.  Évidemment, je suis influencée par le monde dans lequel on vit, l’époque que l’on traverse et ses enjeux actuels. Je pense que ce qui me touche particulièrement, s’il faut faire un lien entre les deux films, c’est peut-être le manque d’empathie et d’écoute que l’on a les uns envers les autres.

J’ai parfois l’impression que les jugements hâtifs viennent du fait que l’on ne prend pas assez de temps pour comprendre où en est l’autre. Je dirais également que le lien à l’autre est très important.

Le personnage de Léa Drucker, Lucy, essaie justement de faire le pont entre l’hôpital et la mère, pour éviter qu’elle ne soit coupée de son enfant. Elle joue ce rôle de médiatrice.

LW : Vraiment. C’est exactement ça.

Est-ce que vous connaissez déjà le sujet de votre prochain film?

LW : Oui. Cela n’aura rien à voir. Je ne vais pas vous dire qu’il n’y aura pas des questions d’ordre social mais je crois que j’ai besoin de me sortir aussi un peu de ça. Néanmoins, ce ne sera pas une comédie musicale. (rires). Je ne suis qu’au début de l’écriture. Et pour une fois, je ne partirai pas d’un lieu, comme l’école dans Un monde ou L’hôpital dans L’intérêt d’Adam, mais plutôt d’un personnage.

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Laura Wandel était au Québec en novembre dernier pour la promotion de son deuxième long métrage, L’Intérêt d’Adam. Cette entrevue a été réalisée dans le cadre de la 31ème édition du Festival de films Cinemania.

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Durée : 1h18

Crédit photos : Maison 4:3

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