Des films canadiens et québécois à voir et revoir

Les rédactrices et rédacteurs de Cinémaniak proposent de revenir aux sources en suggérant cette sélection de classiques et de nouveaux films canadiens et/ou québécois qui ne méritent qu’à être ré-écoutés et partagés entre famille et amis. Bon visionnement!

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J u d i t h

» Kuessipan
Canada, 2019 

« Se déployant sous forme d’un récit intimiste, Kuessipan explore les tensions entre amitié, identité et appartenance dans une communauté innue. Verreault livre une œuvre à la mise en scène sensible. Le film offre un regard authentique et donne une voix puissante à cette jeunesse souvent oubliée. »

Un film de Myriam Verreault avec Ariel Fontaine St-Onge et Katinen Grégoire-Fontaine.

(Voir ici ce qu’on en a pensé)
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» Lucy Grizzli Sophie
Canada, 2024

« Basé sur la pièce La Meute de Catherine-Anne Toupin, Lucy Grizzli Sophie est un thriller psychologique intense qui aborde la cyberviolence et la quête de rédemption. Avec ses performances saisissantes, le film nous plonge dans une atmosphère d’oppression grandissante… qui nous rapproche ultimement du dénouement choc. »

Un film de Anne Émond avec Stéphane Krau et Catherine-Anne Toupin.

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M a r c – A n t o i n e

» Rebelle
Canada, 2012

« Parfois il y a des films qui sur papier serait un échec complet par sa nature d’apparence d’exploitation, mais Kim Nguyen évite autant le sensationnalisme, mais surtout le sentimentalisme. Dans Rebelle, le cinéaste québécois raconte les horreurs inimaginables vécues par une jeune Africaine de 12 ans forcée à faire la guerre. Un film magique empreint d’une grande humanité où brille sa star Rachel Mwanza qui a remporté les prix de meilleure actrice à Berlin et à Tribeca pour sa performance. »

Un film de Kim Nguyen avec Rachel Mwanza et Alain Lino Mic Eli Bastien.

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» Stories We Tell
Canada, 2012

« Avec Stories We Tell, Sarah Polley réalise son film le plus percutant en se penchant sur une sombre rumeur familiale concernant ses parents sous la forme documentaire. En révélant les multiples couches de mythes, secrets, de souvenirs et surtout de mensonges, la célèbre actrice découvre une vérité, la vérité, sa vérité au cœur d’une famille de conteurs. Une plongée familiale comme il est rare au cinéma. »

Un film de Sarah Polley avec Michael Polley et John Buchan.

(Voir ici ce qu’on en a pensé)
(Voir plus bas le commentaire de Clara sur ce film)
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» Atanarjuat: The Fastest Runner
Canada, 2001

« Avec ce premier film réalisé et joué en langue inuktitut, Zacharias Kunuk a marqué l’histoire du cinéma canadien. Atanarjuat: The Fast Runner, fier récipiendaire de la Caméra d’or à Cannes, est inspiré de la tradition orale inuite datant de plusieurs siècles qui raconte l’histoire d’un homme contraint de fuir pieds nus sur des kilomètres de glace. La réalisation époustouflante de Kunuk nous capte sans faute en créant des scènes impressionnantes, toutes filmées dans la toundra canadienne peu invitante en plein hiver. »

Un film de Zacharias Kunuk avec Natar Ungalaaq et Sylvia Ivalu.

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» Double Happiness
Canada, 1994 

« Premier rôle important de Sandra Oh au cinéma, Double Happiness est un film canadien méconnu sur le passage à l’âge adulte. Mia Shum raconte l’histoire d’une actrice en herbe d’une vingtaine d’années tentant de réaliser ses rêves sans décevoir ses parents chinois traditionnels. Dans ce conflit générationnel et culturel, Shum tricote un film drôle, touchant et d’un charme irrésistible. Sandra Oh brille de pleins feux. »

Un film de Mina Shum avec Sandra Oh et Stephen Chang.


C l a r a

» Stories We Tell
Canada, 2012

« Dans ce docufiction, la réalisatrice Sarah Polley retrace ses origines en commençant par explorer l’histoire de sa mère, Diane MacMillan-Polley, actrice et grande amoureuse de la vie. Le mélange d’archives véritables, de reconstitution et d’entrevue se marie à merveille et crée un portrait de famille sensible où la notion de vérité est brouillée par les perceptions de chacune et chacun. »

Un film de Sarah Polley avec Michael Polley et John Buchan.

(Voir plus haut le commentaire de Marc-Antoine sur ce film)

» Wildhood
Canada, 2021

« Très très belle surprise au sortir de la pandémie. On découvre un univers qu’on voit peu, soit celui d’une communauté autochtone en Nouvelle-Écosse. Dans ce coming-of-age, les personnages apprennent à assumer leur culture et leur histoire selon leurs propres termes. C’est magnifique et réjouissant à voir! »

Un film de Bretten Hannam avec Philipp Forest Lewitski et Joshua Odjick.

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» I used to be funny
Canada, 2023

« On n’aura jamais vu un long-métrage traiter d’agression sexuelle et de PTSD avec autant d’humour. Malgré un rythme imparfait, c’est un film qui mérite vraiment une écoute, pour sa proposition ambitieuse et son message essentiel. Très belle performance de la part de Rachel Sennott qui tient le film sur ses épaules. Good job, Canada! »

Un film de Ally Pankiw avec Rachel Sennott et Olga Petsa.

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M i g u e l

» Cube
Canada, 1997 

« Ayant acquis un succès culte auprès des férus de film de genre, Cube est une production qui prend tout son intérêt de son originalité et sa prémisse : Une poignée d’inconnus se retrouvent enfermés dans une sorte d’énorme prison constituée de pièces de forme cubique, où chacune des faces possède une sortie menant à des salles identiques, truffées de pièges. Fondamentalement, l’intrigue n’est pas plus complexe et intéressante que n’importe quel opus de la franchise Saw, mais Cube demeure une idée originale, qui ne se prend pas au sérieux, débordant d’imagination et de débrouillardise au niveau de sa production. C’est du cinéma plus léger, mais il s’agit tout de même d’un des films cultes les plus appréciés au Canada. »

Un film de Vincenzo Natali avec Nicole de Boer et Maurice Dean Wint.

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» Videodrome
Canada, 1983 

« Toujours dans le registre du cinéma culte, l’un des chefs-d’œuvre de Cronenberg est on ne peut plus représentatif de son époque. Ce monument du body horror explore la crainte des années 80 associée à la démocratisation de la télévision, l’arrivée du numérique, présentée dans le film de manière monstrueuse. L’obsession des personnages se transmet par l’association physique entre la chair humaine et les circuits numériques des appareils, avec des effets visuels pratiques encore impressionnants aujourd’hui. Si des oeuvres telles que The Substance sont encore réalisées aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à l’apport du cinéaste canadien au paysage de l’horreur. »

Un film de David Cronenberg avec James Woods et Debbie Harry.

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» Léolo
Canada, 1992

« Dans la lignée des Bons Débarras, C.R.A.Z.Y (voir ici notre critique) et tant d’autres succès iconiques au Québec, Léolo présente l’histoire d’une famille unie, mais dysfonctionnelle, avec ses personnages plus grands que nature et ses situations surréalistes. Né de l’union entre sa mère et une tomate en Sicile (ça commence bien!), le jeune Léolo a depuis toujours un attachement rêveur pour l’Italie, qu’il voit comme un paysage fantasmagorique, un objectif spirituel à atteindre. On suivra le jeune rêveur dans sa jeune adolescence, alors que son entourage éclaté l’entraînera à force d’aventures dans la cruauté du monde adulte. Le film n’est techniquement pas parfait, mais son écriture poétique et son ton unique en font à mon sens un pilier du cinéma québécois, encore aujourd’hui. »

Un film de Jean-Claude Lauzon avec Maxime Collin et Ginette Reno.

» Babysitter
Canada, 2022 

« C’est dans ce film que Chokri témoigne au maximum de son talent de mise en scène de cinéma de genre. Babysitter est extravagant, intense, tant au niveau de ses thématiques que de sa facture visuelle. Le film, présentant un homme en processus d’annihilation du sexisme qui l’habite, a un humour extrêmement cynique, enragé, qui atteint souvent la cible, tout en osant plusieurs avenues surprenantes. Autant un divertissement réussi qu’un film d’auteur assumé, l’oeuvre est déjà un classique à réécouter. »

Un film de Monia Chokri avec Patrick Hivon et Nadia Tereszkiewicz.

(Voir ici ce qu’on en a pensé)

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F l o r e n c e

» La bête lumineuse
Canada, 1982

« À Maniwaki, en 1980, des hommes s’enfoncent dans le bois pour une chasse à l’orignal. Parmi eux, le poète souffre-douleur du groupe s’accroche à ses grandes parlures pendant que les autres visent juste. Ce documentaire culte, de style cinéma direct — ou cinéma vécu — dresse un portrait sans fard des messieurs de l’époque : entre rires gras, cigarettes, brosses, calls d’orignal et élans lyriques mal calibrés. »

Un film de Pierre Perrault avec Louis-Philippe Lécuyer et Philippe Cross

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» Les ordres
Canada, 1974

« Un film hybride entre documentaire et fiction, tourné en alternance en noir et blanc et en couleur. Les comédiens prêtent leur voix aux témoignages de prisonniers innocents arrêtés en octobre 1970. Une mère trop sûre d’elle, une travailleuse sociale trop militante, un chômeur trop calme, un ouvrier trop proche du syndicat. Le 16 octobre de cette année-là, il fallait être bien docile pour ne pas être kidnappé sous de faux prétextes. »

Un film de Michel Brault avec Hélène Loiselle et Jean Lapointe.

» Jésus de Montréal
Canada, 1989

« Tragique, corrosif, satirique et léger à la fois. Sans aucun doute mon film québécois préféré — je ne me tannerai jamais de Jésus de Montréal. Un tableau magnifique d’une jeunesse désabusée qui cherche à se libérer des dogmes par la créativité. Toutes les raisons sont bonnes pour se prêter à une réécoute. »

Un film de Denys Arcand avec Lothaire Bluteau et Catherine Wilkening.

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» Félix et Meira
Canada, 2014

« L’histoire d’un amour improbable entre une femme juive hassidique et un Québécois pure laine, tous deux en décalage avec leur propre communauté. Ils se reconnaissent dans leur solitude et tissent peu à peu une complicité inattendue. Le travail de recherche réalisé pour représenter avec justesse une culture aussi hermétique est remarquable. C’est un film qui mérite d’être vu et reconnu par un plus large public. »

Un film de Maxime Giroux avec Martin Dubreuil et Hadas Yaron.

(Voir ici ce qu’on en a pensé)

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J é r ô m e

» Une langue universelle
Canada, 2024

« Cette comédie de fiction surréaliste imagine un Canada absurde dans lequel le persan et le français sont les deux langues officielles et le restaurant Tim Hortons est une institution de recueillement. Se déroulant principalement dans un Winnipeg tout aussi réinventé, le récit suit un groupe de personnages disparates dont les destins finirons par se rejoindre au terme d’un dénouement assez abstrait et allégorique. Un film expérimental captivant qui a tout pour rejoindre les annales du surréalisme canadien au même titre que, par exemple, Yes Sir! Madame… de Robert Morin. »

Un film de Matthew Rankin avec Pirouz Nemati et Amir Amiri.

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» Incendies
Canada, 2010

« Cette adaptation par notre Denis Villeneuve national de la pièce de théâtre du même nom, est un drame qui a marqué la mémoire de plusieurs québécois et québécoises, mais qui a aussi résonné à travers le monde en méritant même une nomination aux Oscars. Incendies suit le destin complexe de deux jumeaux en quête de réponses en tentant de poursuivre des liens familiaux qui viennent de refaire surface. Un chef-d’oeuvre qui aborde au même titre les thèmes de la vie, de l’amour, de la famille et de la fraternité, mais aussi de la mort, du traumatisme, du viol et de la guerre. »

Un film de Denis Villeneuve avec Lubna Azabal et Mélissa Désormeaux-Poulin.

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Bon visionnement!

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