États-Unis, 2025
Note : ★★★★1/2
Depuis le succès monstre que fut Uncut Gems en 2019, les frères Safdie sont à la tête de plusieurs projets, cette fois chacun de leur côté. Alors que Benny réalisa la série The Curse, avec Nathan Fielder, puis cette année The Smashing Machine, Josh Sadfie, lui, est à la réalisation d’un nouveau long-métrage qui rejoindra bien vite la liste de ses chefs d’œuvre. Marty Supreme s’inscrit en effet très bien dans la lignée du réalisateur, confirmant une fois de plus son talent à la mise en scène et s’assurant une place dans les meilleurs films de l’année.
Dans l’Amérique des années 50, Marty Mauser (Timothée Chalamet), jeune athlète new-yorkais se spécialisant en ping-pong, connaît un match douloureux lorsqu’il s’incline devant la performance du champion japonais Koto Endo (Koto Kawaguchi) qui lui ravit la première place lors d’une compétition américaine. Mais l’ego surdimensionné de Marty pourra tout de même être satisfait puisqu’il pourra accéder aux championnats mondiaux, dans quelques mois, si seulement il parvient à défrayer les coûts onéreux de sa participation.

C’est dans ce contexte de drame sportif qu’on fait la rencontre de cette sorte d’anti-héros que représente Marty. Un jeune homme fier, intransigeant, qui refuse de se faire dire non, aux dépens de sa famille, des entrepreneurs juifs peu enclins à laisser leur enfant accéder à ses rêves internationaux qu’ils jugent excentriques. Mais le jeune pongiste pourra compter sur son entourage, dont sa jeune flamme Rachel (Odessa A’zion) et l’actrice Kay Stone (Gwyneth Paltrow), pour l’aider à accéder à son objectif, à l’aide de nombreuses manigances et jeux de pouvoir qui, finalement, créeront une série d’ennuis et de rencontres où Marty comprendra à ses dépens les enjeux pas toujours nets derrière le spectacle sportif.
Dans la continuité de la force de mise en scène et de tension propres à Good Time et Uncut Gems, Marty Supreme propose donc un film sans temps mort, alliant la force de ses dialogues à une interprétation impressionnante de sa distribution. À l’ensemble s’ajoute également le travail magistral du compositeur Daniel Lopatin, lequel est un collaborateur récurrent du réalisateur depuis plusieurs années. Sa musique combinant les sonorités électroacoustiques à des mélodies d’orgue retro, rythme parfaitement la tension proposée au scénario.

On n’atteindra toutefois jamais le niveau d’intensité achevé par Uncut Gems, même si on peut noter plusieurs ressemblances entre leurs protagonistes respectifs. Mais contrairement au personnage d’Adam Sandler dans le film de 2019, le héros de Marty Supreme prend action pour son destin, n’acceptant pas son statut de victime, préférant le confort que lui procure le masque héroïque qu’il s’entête à porter.
Au final, malgré quelques révélations inattendues, le film ne sort jamais réellement des sentiers battus. On y respecte les règles scénaristiques classiques, mais la maîtrise formelle est totale, autant à la réalisation que pour sa distribution et sa technique. Marty Supreme est l’un de ces films qui nous prend par la main, nous transporte dans un univers qu’on connaît, mais qu’on prend plaisir à redécouvrir.
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Durée : 2h29
Crédit photos : A24

