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Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée…et vendue!

Les flashbacks insistants et les effets de montage alternant percussions et violences conjugales lors de la nuit de noce sont autant d’éléments qui amoindrissent le sujet et le rendent  plus mielleux. Lesté d’un vocabulaire cinématographique appauvri, le film mise alors tout sur son récit terriblement attachant et ses acteurs, pour la plupart non professionnels, conférant à l’œuvre une crédibilité indéniable.

A decent woman: balayer devant sa porte.

Entre humour grinçant et critique acerbe du monde moderne, le cinéaste ne ménage pas le spectateur. A tort, il privilégie, un rythme lent dans le but de mettre en relief les travers d’une société occidentale à la dérive. Ainsi, le récit apathique et décousu annihile toute intensité dramatique qui n’apparaît qu’à de rares moments. Les ruptures de ton qu’insuffle le réalisateur à son propos sont alors autant de moments drôles et caustiques que de malaises qui raidissent le spectateur au fond de son siège.

L’effet aquatique: vivre dans sa bulle et en sortir

C’est un au revoir tendre et sincère que nous livre Solveig Anspach. À 54 ans, celle qui se battait contre le cancer et gagnait la partie dans Haut les cœurs, son premier film autobiographique, a finalement raccroché les gants après plusieurs combats. Malgré la maladie, sa plus belle victoire aura surement été d’accoucher de projets cinématographiques à son image, empreint d’une fantaisie et d’une douceur de vivre communicative. Dorénavant, il faudra parler d’elle au passé, tourner la dernière page d’un livre que l’on ne souhaite pas refermer. Solveig Anspach nous quitte sur une note joyeuse, laissant derrière elle un cinéma atypique et haut en couleur, qui continuera encore longtemps de faire rêver l’enfant qui sommeille en chacun de nous.

Loveless: un dernier tango en russie

Il est de ces réalisateurs qui n’ont de cesse d’intriguer et de surprendre à chaque nouvelle offrande. Si le climat oppressant et délétère de Loveless peut en rebuter certains, le film n’en demeure pas moins captivant et intriguant. Le voyage intérieur que nous propose Andrey Zvyaguintsev, riche d’enseignements, est à la hauteur de son talent d’une abrupte sincérité qui s’est à juste titre mérité le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes.