« C’est le temps de l’amour, le temps des copains…et de l’aventure » chantait Françoise Hardy du temps des yéyé… ♥♥♥½
Le refrain est bien connu de tous et il convient de dire qu’il est de circonstance aujourd’hui pour la sorti de Moonrise Kingdom.
Comme à son habitude, Wes Anderson dresse le portrait d’une famille…en fait de deux, l’une nombreuse, l’autre inexistante…
Au bout de chaque famille, deux enfants d’une douzaine d’année et un été chaud de 1965… Le garçon est le vilain petit canard d’une meute de scoutes, la fille est l’ainée d’une tribu qui s’ennuie et qui ne fait pas semblant.
Après un an de correspondance, ils décident une fugue mutuelle…cela sera l’enjeu de l’histoire comptée ici….et cela déridera par la même occasion la vie bien monotone et triste de tous.
Après une escapade dans l’univers de l’animation (avec le très réussi et acclamé « Fantastic Mr. Fox »), le petit Wes revient à ses premières amours à savoir le portrait de la famille déjantée. Si « The Life Aquatic with Steve Zissou » et « The Darjeeling Limited » n’avaient pas eu le même succès que « The Royal Tenenbaums », force est de constater que, malgré un été chargé en réalisations US, Moonrise Kingdom devrait s’assurer un joli box-office mondial en bout de ligne…
En effet, cette année le film aura eu les honneurs du festival de Cannes et la réalisation au millimètre de l’éternel adolescent qu’est Wes Anderson en fait une de ses plus belles réalisation…même si au final…la famille n’est qu’un prétexte, un vêtement pour son histoire.
Comme à son habitude, les plans sont cadrés, calculés, réfléchis comme la représentation de tableaux de Norman Rockwell…et comme à son habite, le réalisateur réussit à rendre le bizarre sexy.
Fasciné par les lieux où le temps semble s’être arrêté, il se dégage de ce film comme un sentiment de claustrophobie. Au-delà des iles de la Nouvelle Angleterre sur lesquels les personnages évoluent, la musique, la peinture et les plans donnent un aspect figé évident.
La mise en scène et les décors touchent à la perfection, le tout ressemblant à une belle fable poétique.
L’un des effets pervers de son soucis du détail fait qu’il créé une distance avec le spectateur…comme un filtre glacial qui laisse le public en dehors des émotions (si ce n’est le rire lorsqu’il est suggéré)…
Le décor est finalement le personnage principal de ce film qui ne tombe jamais dans le mélo ou le réel. … »Comme sur un portrait de Norman Rockwell« …
