Très cher Studio Cine Live que je reçois par correspondance à six mille km de la France.
Voici une lettre que je vous envoie afin de vous remettre légèrement à votre place suite à votre autosatisfaction relative à votre cinquantième numéro. Cela faisait un petit moment que je voulais vous le dire…mais vos couvertures et prises de partie pour le cinéma américain commencent très sincèrement à me taper sur les nerfs.
Merci d’avoir republié par la même occasion les 50 couvertures, je n’ai donc pas eu à chercher bien loin…
Alors en cinquante couv, Leonardo Di Caprio apparait 5 fois (soit 10% des couv), Johnny Depp 4 fois, et Jude Law 3 fois…On trouve aussi 2 fois Angelina Joli (très justifié au vue de la qualité artistique de la dame), 2 fois Brad Pitt, 2 fois Downey Jr…et surtout 2 fois Harry Potter et Batman…
Bref…autant de réponses à la fois sur un manque de créativité…mais également par soucis de non-prise de risque…
Sur les cinquante couvertures, les références non-américaines sont au nombre de sept parmi lesquels Canet, Boon, Cassel, Besson, Deneuve, Dujardin et Cotillard… soit une couverture sur sept…
Ce qui est certes bien peu…mais aussi très alarmant par rapport au cinéma mondial…
D’européen on trouve …Penelope Cruze…et c’est tout !
Et ne me sortez pas que Jude Law n’est pas américain, je vous mets une baffe !
Je pense que vous voyez très bien où je veux en venir…
Ces dernières années, des films non-américains se sont distingués…sans doute même plus que les productions américaines.
Où sont les Amour, Barbara, Séparation, Polisse, Pieta et autre long de grande qualité ? Qu’en est-il du cinéma français ? Doit-on le borner à ces starlettes uniquement ? Et quid du cinéma belge, québécois, européen ou asiatique… ?
Ne pensez-vous pas qu’il faille les mettre autant (si ce n’est plus) en avant que le cinéma commercial ?
Je comprends que le cinéma commercial soit celui qui fasse vendre…mais est-ce que votre rôle n’est pas aussi de guider le spectateur vers des choix plus justifiés?
En mettant systématiquement en couverture des productions…qui n’ont finalement aucun besoin de communication, ne contribuez-vous pas vous aussi au cannibalisme du cinéma indépendant ?
Alors oui, j’entends déjà votre réponse disant que des articles et des reportages spécifiques sont faits sur autre chose que du cinéma commercial…que la loi du marché est difficile et qu’il faut survivre face à des concurrents toujours plus présents…
Personnellement j’ai de plus en plus de mal à faire confiance à un canard qui se laisse dicter par les sirènes du marché…sans jamais oser une seule prise de risque…
Quand oserez-vous vous servir de ces choses rondes qu’on trouve dans vos boxer ?

