Still the Water

Une ode à la beauté et à la vie magnifiquement présentée. ♥♥♥♥

Quelque part dans les îles Amami, au sud-ouest du Japon, là où les habitants vivent en parfaite harmonie avec les cycles de la nature, trouvant du divin dans la moindre feuille, le moindre branchage et le célébrant par des chants et des danses traditionnels, Kaito, un jeune garçon de 14 ans, découvre un soir le cadavre d’un homme flottant dans la mer. Avec son amie Kyoko, qu’il ne laisse pas indifférente, il se met en tête de percer ce mystère. Mais au cours de l’enquête, alors que des épreuves personnelles se présentent à eux, c’est bien plus que les deux adolescents découvriront ensemble.

Arrivé directement du Festival de Cannes, Still the Water est empreint d’une poésie et d’une espèce de magie unique qui émane de l’ensemble de l’œuvre de son unique auteur. Après La Forêt de Mogari et Hanezu, tout deux présentés au FNC, Naomi Kawase revient en force avec ce qui pourrait aisément être considéré comme son plus beau film. Still the Water est une ode à la beauté des îles majestueuses représentées et à la simplicité des moments uniques de la vie. À partir d’une histoire intense de déchirements intérieurs et de drames familiaux, Kawase nous entrecoupent ces moments intenses de scènes en suspend, qui flottent entre deux parcelles de vie dans un portrait magnifique de simplicité et d’authenticité. L’ensemble des comédiens (particulièrement les deux jeunes adolescents) sont furieusement libres dans ces éléments instables, mais magnifiques, tout à leur image et à celle de leurs actions.

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Le cinéma de Naomi Kawase n’a jamais été particulièrement facile d’approche. Dans Still the Water toutefois, elle franchit un pas qui lui permettra sans nul doute d’agrandir son public. La mer, la montagne, la ville, les lieux sont filmés avec un respect et un amour qui transpire dans chaque plan. Les personnages, complexes dans leurs émotions, s’y imbriquent naturellement ; leurs émotions semblant forgées par les éléments qui les entourent (l’intense Tokyo, les plages de sable infinies tranquilles de bord de mer, les ouragans furieux…). L’homme et la nature se complètent, se fusionnent (certaines scènes de nage sous-marine l’illustrent magnifiquement bien) et se répondent sans cesse. Les personnages ne pensent jamais à vaincre ou à conquérir, mais plutôt à s’y soumettent avec respect et mélancolie autant dans les loisirs (balades en vélo, nage) que le travail (pêche). Aidée par la musique somptueuse de Hashiken, Still the Water est autant une réflexion sur la difficulté à trouver sa place dans la vie et à accepter les changements que celle-ci nous impose qu’une méditation sur la beauté de la nature et de ceux et celles qui la composent. Nonobstant ces considérations théoriques, la beauté époustouflante de l’ensemble de l’oeuvre hanteront le spectateur bien après la fin de la projection.

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