Yoga Hosers: Sales bestioles!

Après avoir laissé ses fans un peu pantois avec le très curieux Tusk, Kevin Smith nous revient avec le deuxième volet de sa trilogie canadienne: Yoga Hosers. Le film suit cette fois ci deux jeunes filles nommées Colleen, entraperçues dans Tusk, qui travaillent le soir dans une épicerie après le lycée. Les deux amies vont faire face à une menace bien étrange qu’elles vont devoir combattre pour sauver leur ville. ♥½

Durant la présentation de son film au festival Fantasia, Kevin Smith a déclaré avoir voulu réaliser un film dans la lignée des comédies fantastiques des années 80 de type Gremlins et Critters. Il a également ajouté avoir voulu conjuguer le genre au féminin en mettant en scène deux jeunes adolescentes, chose qui n’avait jamais vraiment été effectué jusque là. L’intention est louable mais comme dit le proverbe « un bon concept ne fait pas forcément un bon film ». Yoga Hosers possède néanmoins quelques atouts principalement dû aux talents d’écriture de Smith. Le cinéaste américain a toujours su imaginer des personnages loufoques et attachants et écrire des dialogues hilarants et empreints d’une forme de vérité. C’est l’une des raisons principales de son succès et justifie son statut de réalisateur culte. Car Kevin Smith a su mieux qui quiconque s’adresser à un certain type de public à la fois geek, stoner et immature, qui s’est facilement retrouvé dans les personnages de ses films. Mettant en scène cette fois-ci sa propre fille aux côtés de Lily Rose Depp, le réalisateur porte aujourd’hui un regard différent sur la jeunesse, celui d’un père de famille qui peine parfois à comprendre cette nouvelle génération. La formule fonctionne plutôt bien quand le film s’attache à dépeindre avec justesse cette chronique adolescente mais Yoga Hosers sombre rapidement dans le grand n’importe quoi quand le métrage se met à aborder le fantastique.


Yoga Hosers: Colleen et Colleen (Harley Quinn Smith et Lily-Rose Depp)

Crédit photo: indiewire.com

Filmer le fantastique n’est pas une mince affaire. Il faut avant tout parvenir à chercher cette suspension d’incrédulité chez le spectateur pour le faire adhérer à l’univers dépeint, aussi loufoque soit-il. Mais tout le film de Kevin Smith semble reposer sur un concept absurde, une armée de petits bonhommes nazis fait de chair à saucisse attaquent la ville, sans qu’aucun travail de mise en scène et d’écriture ne soit réellement effectué pour le justifier. Peu aidé par son budget restreint, Yoga Hosers sombre dans son dernier tiers dans la série Z la plus laide et paresseuse possible. Se permettant de surcroit d’utiliser à plusieurs reprises la musique d’ouverture de Shining, on en droit de se demander si l’idée de faire ce film ne vient tout simplement pas d’une soirée fumette entre amis. Ajoutons à cela un Johnny Depp en roue libre qui prend tout le film comme une grosse blague et Yoga Hosers s’impose facilement comme l’un des pires films de la carrière de Kevin Smith. Espérons que le réalisateur se reprenne avec Moose Jaws, dernier volet de sa trilogie canadienne qu’il décrit comme « Les Dents de la Mer avec un élan » mais on en droit de penser qu’il sera probablement dans la même lignée.

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