Page d'accueil Critiques de films Au Québec X Quinientos : Jeunesse migrante [Critique de film]

X Quinientos : Jeunesse migrante [Critique de film]

X Quinientos : Jeunesse migrante [Critique de film] 3.0
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Note de l'auteur
Un des points forts du film d’Arango est cette belle impression d’avoir voyagé qu’éprouve le spectateur en sortant de la salle de cinéma. Durant le film (1h45), on aura visité pas moins de quatre pays et entendu parler autant de langues.
NOTE DU LECTEUR

Après être passé par différents festivals en 2016, dont ceux de Stockholm, de Rotterdam et de Toronto, le nouveau film de Juan Andrés Arango, X Quinientos, une coproduction Mexique-Colombie-Canada, prend l’affiche ce vendredi 14 avril au Cinéma du Parc à Montréal.

À lire également : Entrevue avec le cinéaste Juan Andrés Arango, réalisateur de X Quinientos, explorateur d’identités

Tout comme dans son film précédent, La Playa D.C., qui avait représenté la Colombie aux Oscars de 2014 après être passé dans la catégorie Un certain regard au festival de Cannes, le cinéaste colombo-canadien aborde, dans X Quinientos, les thèmes de la jeunesse, de l’émigration, de l’identité en transformation et de la violence urbaine. Il divise cette fois son histoire en trois actes distincts avec trois protagonistes, vivant trois épreuves différentes dans autant de pays différents.

On retrouve donc Maria, une jeune fille des Philippines qui vient vivre à Montréal avec sa grand-mère mais qui, n’arrivant pas à faire sa place dans sa nouvelle école, se tourne plutôt vers un gang de cholo du quartier. Quelques pays plus au Sud, on nous présente également Alex, un jeune homme de 19 ans qui, après s’être fait déporter des États-Unis, revient vivre à Buenaventura en Colombie où il s’affilie à un gang de criminels local. Enfin, il y a David, un adolescent mexicain qui quitte son village indigène pour s’installer à Mexico City où il travaille comme ouvrier sur un site de construction et se lie d’amitié avec un groupe punk qui l’aide à définir sa propre identité.

X Quinientos - cinemaniak.net

Crédit photo: Festival de Biarritz Amérique Latine

Un des points forts du film d’Arango est cette belle impression d’avoir voyagé qu’éprouve le spectateur en sortant de la salle de cinéma. Durant le film (1h45), on aura visité pas moins de quatre pays et entendu parler autant de langues. On est plongé dans des milieux et des cultures qu’on ne connaissait pas. On a vraiment eu l’impression d’y être. La caméra d’Arango est très sensible à son environnement. Les lieux et les décors jouent un rôle essentiel au film. On est loin de la carte postale. En plus de nous dépayser, ce voyage nous aura aussi offert une vision fort intéressante et brute de l’émigration et de l’identité fragile de ces jeunes migrants en pleine transformation.

Même si elles partagent des thèmes communs, comme l’identité, le deuil ou l’émigration, les trois parties du film sont également assez distinctes l’une de l’autre pour constituer chacune presqu’un film autonome. Cette forme permet aux spectateurs de voir beaucoup certes mais elle insère aussi un maillon faible. En divisant ainsi son film, Arango limite son potentiel à plonger plus en profondeur dans chaque histoire. La psychologie de ses personnages et les intrigues qui les entourent restent donc quelque peu superficielles, le cinéaste n’ayant pas le temps de les explorer plus en nuances et d’introduire plus d’intimité.

X Quinientos est un film qui bénéficie et souffre de sa structure en trois actes. Il demeure tout de même le genre de production internationale qu’il est important d’encourager pour comprendre davantage les réalités inconnues qui nous entourent ainsi que les enjeux de l’émigration, sujets extrêmement pertinents dans le monde toujours plus multiculturel dans lequel nous vivons.

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Fondée en 2012, Cinémaniak est une revue de cinéma exclusivement web qui s’est donnée comme mission de promouvoir le septième art sur le continent nord-américain. Notre mission est de donner la parole à des passionnés de cinéma capables de rendre accessible l’art qu’ils affectionnent.
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Jules Couturier Entre Jules Couturier et le septième art, c’est une histoire qui dure depuis toujours. Du plus loin qu’il se rappelle, le cinéma l’a toujours fasciné. La critique de cinéma est un prolongement de son discours intérieur. Ouvert à différents genres, il a toutefois une préférence pour les œuvres présentant des personnages issus de cultures marginales, rebelles, des personnages en transformation, confrontés à des expériences initiatiques, animés d’une révolte ou d’un désir de dépassement. Il est adepte d’un cinéma de l’espoir, pourrait-on dire, qui enrichit la réflexion sur la condition humaine sans sacrifier pour autant au plaisir ou au divertissement. Il complète actuellement des études universitaires en écriture de scénario et en création littéraire. Objectif : entretenir sa flamme pour le cinéma.

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