Triptyque

C’est ce soir que s’ouvre le 42e festival de nouveau cinéma et c’est Triptyque, le nouveau film de Robert Lepage, qui marquera le coup d’envoi.Qu’on se le dise d’emblée, ce n’est pas un grand film à la hauteur de ce qu’avait été Le Confessionnal, No ou Le polygraphe. ♥♥♥½

Ça faisait 10 que M.Lepage n’avait pas réalisé de long métrage, se consacrant à la mise en scène d’opéra, de théâtre, de cirque et d’autres projets d’art visuel.  Si ses mises en scène sont toujours hyper-développées, donnant dans la démesure un peu pompière (pensons à sa mise en scène de la tétralogie de Wagner), son cinéma est toujours plus réservé, intimiste. Triptyque ne dément pas à la règle.

Triptyque, c’est l’histoire de deux sœurs dans la cinquante,  Michelle vit à Québec, schizophrène, elle séjour régulièrement dans un hôpital psychiatrique et quand son état le permets travail dans une libraire et écrit de la poésie. Marie, qui elle vit à Montréal, est chanteuse et chef d’une chorale, en rémission d’un cancer au cerveau qui lui a fait perdre tous souvenirs de son enfance.  À leur histoire, se greffé celle de Thomas, un chirurgien allemand, en perde de contrôle de sa main gauche et en instance de divorce.  Thomas est le chirurgien qui opéra Michelle et qui par la suite s’amourachera d’elle.

Dans son cinéma, Robert Lepage a une obsession par la famille, les liens fraternels et le poids du passé. Encore une fois, c’est le grand enjeu du film… La présence du passé prend la même forme visuelle que dans Le Confessionnal : un cadre qui n’est plus sur le mur laisse ses traces.  Mais narrativement, c’est un peu plus laborieux qu’à l’habitude, l’histoire de Thomas vient alourdir inutilement le récit, de même d’incessants changements de temporalité qui ne sont pas particulièrement pertinents. Également les références à l’art, à Michel-Ange ou Le Caravage, ne semblent pas parfaitement défini, pour peu on se serait cru chez Peter Greenaway. Mais la direction d’acteur rachète les faiblesses du scénario, mention spécial à Lise Castonguay, qui figurait également au générique du Polygraphe, qui crève l’écran et dont la présence hante l’entièreté du film. (Notons également la présence troublante d’Hans Piesbergen, malheureusement le trouble ne vient pas nécessairement de son personnage mais d’avantage avec sa ressemblance inouï avec David Bowie.)

On doit la direction photo, magistrale en nuance dans les bruns, jaunes, gris, marrons à Pedro Pires qui co-signe également la réalisation. Pires est celui qui avait réalisé Danse Macabre, véritable court-métrage évènement du FNC d’il y a 4 ans.

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