Page d'accueil Critiques de films Au Québec Three Billboards Outside Ebbing, Missouri : Un film qui tombe à point

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri : Un film qui tombe à point

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri : Un film qui tombe à point 3.5
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Note de l'auteur
Dans la récente vague de dénonciations d’agressions frappant le Québec, Hollywood et probablement même le monde entier, Three Billboards devient un film on ne peut plus pertinent sur le ras-le-bol face à l’indifférence.
NOTE DU LECTEUR

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri a remporté le prix du public lors du Festival de film de Toronto en septembre dernier. Un prix souvent très indicateur de ce à quoi l’on peut s’attendre lorsque viendra le temps d’attribuer les Oscars quelques mois plus tard. Le réalisateur et scénariste Martin McDonagh ainsi que son équipe de comédiens formidables, la vétérane France McDormand en tête, sont effectivement assurés d’être très bien représentés lors du prochain gala.

Le film de McDonagh raconte l’histoire de Mildred Hayes, une cinquantenaire endeuillée et furieuse depuis le viol et l’assassinat de sa fille adolescente. Lorsqu’elle remarque trois grands panneaux publicitaires vides à l’entrée de sa petite ville de Ebbing au Missouri, elle décide de les louer et d’y afficher un message provocateur visant le chef de police de sa communauté. Elle lui reproche de ne pas avoir trouvé l’agresseur de sa fille, plus de six mois après le drame. Ses panneaux dénonciateurs créeront l’émoi dans la ville ainsi qu’un grand conflit entre la femme en colère et le système de police.

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri : Un film qui tombe à point
Crédit Photo: Fox Searchlight Pictures – © 2017 Twentieth Century Fox Film Corporation All Rights Reserved

Le cinéphile connaissant le cinéma de Martin McDonagh, le réalisateur derrière les deux très drôles In Bruges et Seven Psychopaths, reconnaîtra la facture du cinéaste. On y retrouve son humour noir désopilant, son sens de la répartie féroce, ses dialogues délicieusement virulents et ses insultes jouissives, autant de caractéristiques qui ont fait sa marque. On rit beaucoup dans Three Billboards Outside Ebbing, Missouri. Pourtant, le sujet est très grave et l’émotion est présente. Scénariste de talent, McDonagh réussit un mélange d’humour et de tragique parfaitement maîtrisé tout au long.

Son écriture impressionne aussi par sa façon de construire l’intrigue. Original et efficace, le scénario nous maintient constamment dans le mystère. Il est impossible de prévoir les différents retournements du scénario qui viennent nous surprendre à chaque fois.

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Rappelant de plusieurs façons le cinéma des frères Coen, le film nous plonge de façon totale dans cette petite communauté qu’est Ebbing. On nous présente ses habitants, une étrange panoplie de personnages tous plus amusants, rigolos et intéressants les uns que les autres. Solidement définis, bien développés, ils sont campés avec un dévouement extraordinaire par un groupe d’excellents comédiens. Dans les deux rôles principaux, celui de la mère endeuillée et du policier raciste et violent, Frances McDormand et Sam Rockwell, deux interprètes au talent déjà reconnu et acclamé, sont ici au sommet de leur art.

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri est donc un film qui se distingue principalement pour la qualité de son scénario et la force de ses interprètes. S’ajoutent des points boni pour son sous-texte socio-politique d’une brûlante actualité. Martin McDonagh a écrit un film sur le deuil, la colère et, surtout, la résistance. Une résistance, ici, qui se pratique à travers la dénonciation. Comme l’explique la protagoniste Mildred Hayes : « Lorsque tu exposes un cas dans l’œil du public, tu augmentes tes chances de le faire se résoudre ». Dans la récente vague de dénonciations d’agressions frappant le Québec, Hollywood et probablement même le monde entier, Three Billboards devient un film on ne peut plus pertinent sur le ras-le-bol face à l’indifférence.

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Jules Couturier

Entre Jules Couturier et le septième art, c’est une histoire qui dure depuis toujours. Du plus loin qu’il se rappelle, le cinéma l’a toujours fasciné. La critique de cinéma est un prolongement de son discours intérieur.

Ouvert à différents genres, il a toutefois une préférence pour les œuvres présentant des personnages issus de cultures marginales, rebelles, des personnages en transformation, confrontés à des expériences initiatiques, animés d’une révolte ou d’un désir de dépassement. Il est adepte d’un cinéma de l’espoir, pourrait-on dire, qui enrichit la réflexion sur la condition humaine sans sacrifier pour autant au plaisir ou au divertissement.

Il complète actuellement des études universitaires en écriture de scénario et en création littéraire. Objectif : entretenir sa flamme pour le cinéma.

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