The Horrifically Real Virtuality

The Horrifically Real Virtuality est une œuvre de théâtre immersif, mélangeant le cinéma et la technologie. Le spectateur est plongé dans l’univers d’Ed Wood, considéré par ses pairs et les cinéphiles comme l’un des pires cinéastes d’Hollywood.

Oeuvre immersive du Studio DVgroup réalisée par Marie Jourden et coproduite par Phi, The Horrifically Real Virtuality est véritablement une expérience hors du commun.

Comment ça fonctionne? Les séances, d’une durée d’environ 60 minutes, se passent en tout petit groupe. Après vous avoir mentionné de bien mettre vos téléphones en mode avion, une personne de l’équipe technique vient vous dire qu’ils ont un petit problème technique et qu’ils seront prêts dans deux minutes. La personne revient chercher le groupe et vous emmène à l’intérieur où elle ajoute que les lumières fonctionnent mal; l’ambiance s’annonce sinistre. C’est là que l’on comprend la mise en scène. Puis, apparait de nulle part Ed Wood. Il se présente et nous invite à assister au tournage de la dernière scène de son film, qui porte le nom de l’œuvre dans laquelle le spectateur se trouve, The Horrifically Real Virtuality.

Or, fidèle à lui-même ainsi qu’à sa réputation, l’organisation du film tourne mal. Les comédiens et les acteurs ont décidé de ne pas venir pour la dernière scène. Il ne reste seulement que Bela Lugosi, Ed Wood et nous. Le cinéaste nous demande donc de participer à la création de cette fameuse scène finale. L’un prend une caméra, l’autre se positionne devant le moniteur, etc. Cette partie est assez intéressante car le comédien devant nous est muni d’une grande quantité de capteurs, ce qui crée, avec l’aide de la technologie, une image du véritable Bela Lugosi sur l’écran.

Puis, on passe dans la salle suivante où on nous installe un casque de réalité virtuelle qui est alimenté par une grosse batterie qui se trouve dans le sac à dos que l’on doit aussi enfiler. On se déplace ensuite véritablement dans l’espace 3d ainsi que dans l’espace physique, ce qui est très impressionnant. On se déplace donc jusque dans une salle de cinéma où est projetée, en virtuel, la première du film d’Ed Wood. C’est visuellement très intéressant et divertissant. C’est comme le cinéma en 3d mais encore plus 3d, presque étourdissant, mais fort agréable! Bref, c’est à la fin du film que le scénario de la pièce de théâtre tombe, selon moi, à plat. Nous nous retrouvons dans l’espace 3d mais, sans aucune indication. Un instant passe avant qu’une première personne se lève. Puis on se lève tous et on découvre un cimetière mais rien de très extravagant. On nous dirige ensuite vers une salle où l’on doit, avec la participation de tous, aider Bela Lugosi à inventer un scénario abracadabrant afin qu’il retrouve sa femme supposément enlevée par des extra-terrestres. C’est à ce moment où, comme spectateur, nous rencontrons un mur. En fait, je crois qu’en tant que spectateurs, nous sommes habitués à être passifs et rares sont les occasions où nous prenons part à l’histoire. Néanmoins, même si j’ai vécu une petite déception, car dans mon groupe la participation était plutôt faible, j’ai beaucoup apprécié d’être confronté à ce constat de passivité. La réflexion sur la participation et l’interactivité dans le domaine du divertissement est peut-être au cœur de cette expérience immersive. Cessons d’être si passifs, si paresseux et prenons part à l’histoire. De mon point de vue, cette expérience n’est pas parfaite, elle mérite encore un peu de peaufinage mais, au final, elle est extrêmement stimulante et nous plonge dans un univers palpitant tout en nous faisant vivre une technologie qui est de mieux en mieux exploitée.

Présenté au Centre Phi du 2 mars au 28 avril 2019.

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