The Florida Project

The Florida Project 3.0
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Note de l'auteur
NOTE DU LECTEUR

Présenté comme une fable sur l’enfance, The Florida Project est le nouveau film de Sean Baker dont on avait adoré la précédente proposition, Tangerine, et qui était resté comme un ovni en matière de cinéma indépendant.

Cette fois-ci exit les rues affolées de Los Angeles au travers les yeux d’une transsexuelle surexcitée et bienvenue aux résidences motel de la banlieue d’Orlando avec le portrait de familles aux revenus modestes, plus particulièrement deux jeunes enfants (environ 8 à 10 ans) qui se créent leur propre « Magic Kingdom » au travers des chaudes journées d’été de vacances où elles ne savent que faire :

Moonee a 6 ans et un sacré caractère. Lâchée en toute liberté dans un motel de la banlieue de Disney world, elle y fait les 400 coups avec sa petite bande de gamins insolents. Ses incartades ne semblent pas trop inquiéter Halley, sa très jeune mère. En situation précaire comme tous les habitants du motel, celle-ci est en effet trop concentrée sur des plans plus ou moins honnêtes pour assurer leur quotidien…

The Florida Project - cinémaniak.net

Si nous sommes à des années lumières de l’énergie de Tangerine, The Florida Project pourrait toutefois captiver un auditoire par son portrait plutôt coloré d’enfants sans le sou mais toujours prêts à la moindre connerie. Sean Baker, s’il place sa caméra à quelques mètres seulement du monde magique de Mickey, sait faire oublier un temps l’environnement dans lequel évolue ses jeunes héros pour mieux nous le rappeler à la fin avec la force d’un transferts d’histoire : Les enfants qu’on a suivi pendant la première partie (qui aurait gagné à être plus courte ceci-dit) laissent la place à la mère de l’une d’entre elles qui survie de combines et de petits boulots afin de payer sa chambre à la semaine. C’est de cette partie que viendra le drame, la critique d’une société capitaliste où le réalisateur rappelle que ces lieux colorés rose bonbon étaient autrefois destinés aux touristes du parc d’attraction voisin.

A l’instar d’American Honey, The Florida Project présente une autre Amérique que celle traditionnelle et édulcorée du grand Hollywood. C’est à  la fois rafraichissant et effrayant et vous laisse comme atterré par une intrigue qui pourrait très très mal se terminer. Sean Baker réussit d’ailleurs mieux sa dramatisation finale que son portrait initiale, certes parfois drôle, mais plutôt convenu et lent.

A noter que le film a été présenté à Cannes (quinzaine des réalisateurs) et y a même reçu une standing ovation.

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Syril Tiar

Tombé dans le cinéma alors qu’il était tout petit, Syril Tiar s’est rapidement pris d’affection pour le cinéma francophone… Devenu un connaisseur hors-pair des Sautet, Resnais, Chabrol, Lelouch, Lecomte (oui à cette époque, seuls les vivants comptaient), ce n’est que bien plus tard qu’il a pu élargir ses goûts à d’autres réalisateurs d’abord européens (Von Trier, Almodovar, Leigh…) puis américains (Allen, Burton).

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