Tale of tales [Il racconto dei racconti]: Dark tales

Présenté au Festival de Cannes l’année dernière en compétition officielle, le dernier long métrage de Matteo Garrone Tale of Tales, mettant en vedette Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones et plus encore, raconte trois histoires baroques qui dépravent le conte de fées traditionnel pour enfants.♥♥♥1/2

Si on dépouille les moments sexuels et les éclaboussures de sang, les plus petits seraient vraiment en mesure d’apprécier le plein potentiel féérique de Tale of Tales, une exploration colorée et crépue du cinéaste italien Matteo Garrone (Gomorra, Reality) de ce que les femmes désirent le plus au monde. Et ce que les hommes sont prêts à faire pour leur offrir.

Donc, il est dommage que compte tenu de la prévalence du sang et des seins, les familiarités des contes de fées (parmi eux une princesse en péril, un ogre et deux soeurs laides ) soient rendues inaccessibles, d’une certaine manière, aux yeux des plus jeunes. Le film adopte un ton intermittent qui risque de tromper un public cible. Une approche qui semble s’inspirer un peu trop du Pan’s Labyrinth.

Tale of tales

Tale of tales: Le côté obscur du conte merveilleux

Adapté de la collection de Giambattista Basile (Pentamerone) de fables napolitaines du 17e siècle, les trois histoires tressées ici, souffrent le plus de la ténuité de leur connexion. Chacun est enflammé par les actions d’un roi — un qui est trop dévoué ( John C. Reilly , pas le meilleur choix de distribution ), un abruti avec une puce monstrueuse ( Toby Jones, parfait dans le rôle ) et un dégénéré accro au sexe ( Vincent Cassel, un rôle commun pour lui  ). Chaque roi associe son monarque avec une femme en déficit et égoïste dont la quête obsessionnelle est soit la maternité (Salma Hayek), la beauté (Hayley Carmichael et Stacy Martin) ou le mariage (Bebe Cave). Et au fur et à mesure que les récits progressent, ils deviennent de plus en plus toqués et excessifs.

À certains moments, le côté horrifiant éclipse la simple excentricité du film alors que la violence prend le dessus: les cous sont tranchés et brisés, la peau est collée et écorchée et les corps sont jetés d’une grande hauteur. Par contre, la véritable magie prospère dans l’océan et de la forêt, où les images sublimes du directeur photo Peter Suschitzky, tissent le merveilleux et le fantastique dans la vie quotidienne : le volume presque limpide d’un monstre marin qui somnole, son corps laiteux entouré par des courants ondulants ; une nymphe aux cheveux roux éclatant sommeillant dans une clairière couverte d’un drap de satin.

Des images surréelles comme celles-ci attribuent à Tale of Tales son coeur et son âme carnaval qui est le mieux distillée lorsque plongé dans l’obscénité timbré de certaines scènes comme celle dans laquelle un des rois, incarnés par Vincent Cassel, suce béatement le doigt d’une femme timide à travers une porte. Tale of Tales est un film typiquement fantastique avec des paysages pittoresques et grotesques, mais portant un contexte moral un peu démodé pour une génération qui est ancrée à l’ère des réseaux sociaux.

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