Sleeping Giant – Un manque de vision

Sleeping Giant se sort pas de clichés et idées préconçues dans un film sans grande impulsion. ♥♥

Lorsque l’on s’attaque au genre du Coming of age, comme dans Sleeping Giant, on s’attaque à un genre ayant un lourd passé. Du Souffle au Cœur à La Vie D’Adèle, en passant par Juno ou Mean Creek, le genre a toujours inspiré les cinéastes de tout style et de toute origine. Chaque fois, en tentant de renouveler le propos ou en ayant une approche honnête et empathique à laquelle le spectateur peut s’identifier. Malheureusement, en ne faisant ni l’un ni l’autre, Sleeping Giant rate la cible.

Un manque d’originalité

L’histoire raconte la vie de 3 garçons le temps d’un été. Dans une relation qui ne tient pas toujours de l’amitié (manipulation ou violence sont parfois au menu), ils en viendront à prendre leur première bière, fumer leur premier joint, flâner, découvrir les filles… Bref, rien de bien nouveau sous le soleil. Une histoire bizarre de trahison viendra chambouler ce fragile équilibre et fera en sorte que dorénavant, leur vie ne sera plus jamais la même.

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Entre ces banales histoires adolescentes, le film ne sort guère des carcans et préconceptions que sans doute trop de gens ont encore sur les adolescents d’aujourd’hui. Il y a les bons garçons et les mauvais garçons. Les riches et les pauvres. Les bien-élevés et les mal-élevés. Entre Adam qui est dans un quasi-syndrome de Stockholm envers Nate, le personnage de Riley est sans doute le plus intéressant. Davantage nuancé et peut-être plus représentatif d’une jeunesse en transformation, même s’il n’échappe pas plus aux préconceptions typiques de la jeunesse. On pourrait se demander d’ailleurs ce que fait, à l’heure d’internet, un jeune garçon à espionner au télescope la maison de l’autre côté du lac pour espérer voir la propriétaire se changer – le tout sans jamais se faire prendre. Et que dire de cette finale qui déboule à toute vitesse où le spectateur, peinant à suivre, décroche complètement.

 Le montage est sans doute ce qui permet au film de se distinguer un peu plus. Les faux-raccords brusque, les scènes présentées comme moments de vie épisodiques sans grand lien apparent, sont une belle illustration du caractère désinvolte et nonchalant d’un été passé à flâner à l’adolescence. Même si certains personnages apparaissent ou disparaissent parfois sans grandes explications en nous laissant fort perplexe, le travail de James Vandewater est honorable. Il permet ainsi de donner un intérêt à un film qui malheureusement est trop souvent, au mieux redondant, au pire désolant.

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