Le Sel de la Terre

Une oeuvre simple que ce sel de la terre, mais forte, sur un grand artiste essentiel. ♥♥♥♥

Mis à part leur statut de documentaire, peu de chose unissent Pina et Le Sel de la Terre de Wim Wenders. Le premier, documentaire en 3D sur la danseuse de ballet Pina, est une chorégraphie magistrale et une utilisation remarquable de la 3D dans une forme nouvelle. Le second, coréalisé avec Juliano Ribeiro Salgado, se penche sur le grand photographe Sebastio Salgado avec une image noir et blanc sobre, mais néanmoins somptueuse, et plusieurs plans fixes de photographie de l’artiste. Néanmoins, les deux œuvres majeures d’un cinéaste qui commençait à se perde dans les 10-15 dernières années traite de l’art de façon authentique et approche leur sujet unique avec une touche personnelle marquante et intéressante.

Dans Le Sel de la Terre, les réalisateurs (et le photographe) nous amènent au quatre coins du globe. Dans tout ses ces projets, Sebastio Salgado a visité la planète entière, ce qui a fait en sorte qu’il est toujours quelque peu un mystère pour son fils Juliano, coréalisateur du film. Les plans simples et travaillés rappellent sans cesse le travaille du photographe. Se succèdent également les photographies marquantes du célèbre artiste qui font offices de prétexte pour discourir sur l’histoire de ces photos et de ceux qu’elles représentent, ou encore sur la vie, la famille, les conflits ou l’être humain en général. Ce sont ces discussions variées, profondes, et touchantes qui font découvrir au spectateur toute l’importance de l’œuvre du photographe.

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À travers ces photos, on découvre un homme ; un homme qui a évolué, s’est transformé, au contact de ces hommes et ces femmes qu’il photographie, de ces différents projets qu’il embrasse corps et âmes et qui l’ont marqués comme ont influencé ceux à venir. Un homme immense, talentueux, mais simple et humble. Son passage en douceur de la photographie sociale à la photographie de nature illustre en ce sens son désir de suivre coute que coute son instinct, peu importe la mode ou les perceptions d’autrui.

Wenders, l’un des grands metteurs en scène contemporain, s’efface pour laisser toute la place à Sebastio Salgado. Il préfère faire grand usage de l’intertextualité ; la photographie, bien sûr, est omniprésente, tout comme la musique, qui se marie parfois avec elle, alors que l’histoire ou la philosophie ne sont jamais bien loin. C’est tout aussi humblement qu’il laisse sa marque subtile sur ce film touchant et profond qui  rend un vibrant hommage à un artiste marquant.

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