Le Scaphandrier

Une incursion bienvenue dans le film d’horreur québécois, mais trop inégal pour laisser sa marque. ♥♥½

Le film de genre a toujours été un peu boudé dans le cinéma québécois. Trop habitué à la dichotomie savamment entretenue entre cinéma commercial et cinéma d’auteur, le public québécois a trop peu souvent de véritables films de genre à se mettre sous la dent. Il y a bien eu quelques exemples (Saint-Martyr-des-damnés, Cadavres) ou bien des auteurs qui s’y frottent (Denis Côté), mais il y a encore bien de l’espace pour les amateurs de cinéma atypiques. Le film Le Scaphandrier d’Alain Vézina tente de venir combler le vide.

Un navire est retrouvé à la dérive avec son équipage massacré sur les côtes de la Gaspésie… C’est la consternation ! Dans la foulée, une journaliste ambitieuse, aidée d’un jeune muséologue-archiviste plutôt timide et sédentaire, découvre qu’un vieux collectionneur d’objets maritimes aux desseins douteux est peut-être en lien avec cette terrible histoire. S’amorce alors une course contre la montre pour découvrir qui est ce mystérieux Scaphandrier qui décime tout sur son passage pour arriver à ses fins et récupérer un précieux document pillé sur l’épave du « Princess of the North », là où il a trouvé la mort …

Le film suit les classiques d’un slasher pour adolescents rigoureusement (on aurait peut-être pu en ce sens se passer des clichés 100 000 fois trop vus de punition meurtrière du sexe adolescent ou d’incohérences scénaristiques débilitantes des personnages), mais on prend tout de même plaisir à retrouver un univers si familier. La tension dramatique inquiétante est bien amenée dans le début du récit. Le vilain est en ce sens une réussite admirable ; totalement original, le personnage éponyme fait figure d’épouvante parfaite ; tellement que l’on se demande pourquoi personne n’y avait pensé avant…

scaphandrier

La tension dramatique perd toutefois rapidement le fil et devient trop inégale une fois la situation initiale passée; le film est bien amené, mais ensuite reste un peu surface et peine à garder la tension. Des pistes sont explorées pour se jouer des attentes du spectateur avec des résultats mitigés et une fin ouverte mal exploitée risquant de laisser perplexe bon nombre de spectateurs, surtout suivant une scène finale qui ne présentera pas le climax escompté.

Les acteurs sont corrects, quoiqu’ils semblent forcer le jeu par moment et manquer de naturel ; caractéristique si cruciale pour faire pénétrer le spectateur dans l’antre du cinéma d’horreur. Il en reste ainsi un effort louable, mais qui ne s’inscrira pas dans les essentiels du cinéma québécois à ce niveau.

Retrouvez notre entrevue avec l’équipe du film

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