Page d'accueil Critiques de films Au Québec Rock’n Roll : un pétage de plomb grotesque, mais assumé

Rock’n Roll : un pétage de plomb grotesque, mais assumé

Rock’n Roll : un pétage de plomb grotesque, mais assumé
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Avec son film Rock’n Roll, Guillaume Canet revient dans un nouveau genre : la comédie. Il y décrit sa vie sous fond de stéréotypes navrants, mais avec humour et autodérision, un registre dans lequel on ne l’attendait pas…

Guillaume Canet, la quarantaine, mène une vie épanouie avec sa femme, Marion Cotillard, et son fils, Lucien. Sur le tournage d’un film, une jeune actrice lui apprend qu’il n’est plus très « rock », et aussi sexy qu’à l’époque. Dès lors, sa vie va en être chamboulée, il décide de tout changer…

Rock'n Roll : Photo Gilles Lellouche
Crédit photo: Jean Claude LOTHER / LES PRODUCTIONS DU TRESOR – PATHE PRODUCTION – M6 FILMS – APPALOOSA CINEMA – CANEO FILMS

Le synopsis est clair : Guillaume Canet raconte du Guillaume Canet. Son scénario, un poil égocentrique et rempli de clichés, nous met dans l’ambiance. Guillaume Canet nous fait sa crise de la quarantaine. Il nous montre ici la descente aux enfers d’un homme qui vrille, remettant tout en question dans sa vie trop tranquille. Au-delà de l’apparence superficielle du film, Canet y déplore pourtant les attentes de notre société, ce que l’on exige de nous, l’image que l’on donne. Sa crise de la quarantaine s’accompagne d’une crise identitaire, expliquée par la transformation physique qu’il subit tout au long du film. Il se sent oppressé dans ses rôles et n’aime plus l’image qu’on lui donne, il veut s’en défaire. Il condamne l’image que l’on attend de soi quand on est célèbre et plus précisément les clichés qui s’attachent à son couple.

C’est aussi une critique du showbiz français, de ses acteurs et de leurs privilèges… À l’aide d’une distribution étoffée, il tente de prendre le contrepied avec humour et autodérision, montrant le cinéma français tel qu’il est, tentant ainsi de le déconstruire, de montrer sa banalité, sa normalité, mais aussi ses excès. Même stratégie avec Marion Cotillard où il aborde la concurrence au sein du couple, avec ironie, le soir de la cérémonie des Césars où il ne gagne rien alors que Marion en est à sa 4ème statuette, qu’elle utilise comme pied pour la table basse. Une Marion Cotillard que l’on a rarement l’habitude de voir dans ce registre et qui s’en sort plutôt bien.

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C’est un grand pétage de plomb où Guillaume Canet va dans les excès. Il se fait botoxer, change de style vestimentaire, adopte une dégaine de 20 ans de moins, se muscle à outrance, sous le regard horrifié de ses amis. Bref, du grand n’importe quoi qui l’amène à Miami dans une série télé où il devient « ranger » pour crocodiles. Une fin terriblement pathétique, mais heureuse où Guillaume sort du cadre traditionnel auquel il nous a habitué. Il va au bout de son intention, surprenant ainsi le public, malgré quelques longueurs dans la 2ème partie du film.

Guillaume Canet propose ici un film léger sous fond d’ego trip. Une véritable sortie de route assumée qui pourra en dérouter plus d’un. Il réalise un film aux allures de caricature, sans demi-mesure, à ne surtout pas prendre au sérieux. Guillaume Canet a voulu se faire plaisir, reste à savoir si le plaisir est partagé par le public. Rien n’est moins sûr…

Auteur: Camille Descroix

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