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Au revoir là-haut : un voyage enivrant dans le Paris des années 20

Au revoir là-haut : un voyage enivrant dans le Paris des années 20
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Projeté en film de clôture de la 23ème édition du festival Cinemania, le long métrage d’Albert Dupontel, Au revoir là-haut, dresse un portrait fantaisiste et rocambolesque de la France des années 20.

Au revoir là-haut

Adapté du roman éponyme de Pierre Lemaitre, lauréat du prix Goncourt 2013 et Mél Oppenheim, Au revoir là-haut raconte l’histoire de deux rescapés des tranchées, après la guerre 14-18. Édouard Péricourt, dessinateur aristo de génie, et Albert Maillard, modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans cette France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi burlesque qu’attendrissante.

Un film aux airs de pamphlet

Dupontel met en scène la France au sortir de la 1ère Guerre mondiale, une France d’après-guerre. Il donne à voir la reconstruction d’un pays affaibli, et son travail de souvenir pour les soldats morts au combat. C’est le retour difficile de ces hommes à la vie normale, pour certains mutilés, et qui ne sont plus tout à fait les mêmes. C’est aussi la critique d’une aristocratie française qui règne en maître, alors que d’autres peinent à s’en sortir. On retrouve une thématique chère à Dupontel, celle de l’affrontement entre une minorité bourgeoise et les petites gens. Le film se caractérise par sa portée sociale et politique forte : une critique de la société capitaliste et de ses effets pervers, au travers de la Famille Péricourt, qui a fait sa fortune sur le dos des soldats morts.

Des personnages charismatiques

Albert Dupontel se démarque par ses personnages. Édouard Péricourt, magistralement interprété par Nahuel Perez Biscayart (120 Battements par minute), perd l’usage de la voix lorsqu’il est victime d’un éclat d’obus sur le champ de bataille, alors que l’Armistice est en passe d’être signé. Une situation malheureuse qui rappelle l’intérêt du réalisateur pour les personnages marginalisés. Défiguré, Édouard tente alors de se reconstruire. Ce sont ses gestes et son corps, l’expression de son visage à moitié masquée, qui aident à la compréhension de ce personnage subtil. Peu de mots sortent de sa bouche, mais ce sont ses expressions émouvantes qui donnent au film son caractère poétique. Laurent Lafitte, qui interprète un capitaine aussi maléfique que perfide, joue le rôle du méchant, prêt à toutes les combinaisons, les plus odieuses sont-elles, pour arriver à ses fins. Un personnage que l’on adore détester. Le personnage d’Albert, le comparse d’Édouard, joué par Albert Dupontel lui-même, peine à trouver sa place face à ces deux personnages dominants.

La force du film repose essentiellement sur la direction artistique, avec une attention toute particulière portée au décor, aux costumes, reconstituant ainsi la ville de Paris au lendemain de la guerre, avec ses hôtels particuliers, ses cabarets, ses grands magasins à l’image du Bon Marché. Mais là où le spectateur est ébloui, c’est grâce au travail de la costumière, Cécile Kretschmar, et de ses masques, qu’elle adapte au gré des humeurs du personnage d’Édouard. Ce dernier s’en sert pour cacher les cicatrices de son visage déformé. Ils agissent comme un remède, une manière pour lui de paraitre autrement. Un mal-être physique qu’il tente de dissimuler, mais avec, en filigrane, une autre souffrance, celle d’un père autoritaire et dénué d’affection avec lequel il n’a jamais vraiment créé de lien. La supercherie, dont il est l’initiateur, sera finalement une manière de se rapprocher de lui.

Albert Dupontel nous livre ici un pamphlet empreint de justice sociale et de blessures familiales, qui se refuse un happy end classique avec une fin émouvante et surtout tragique.

Auteur: Camille Descroix

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