La prochaine fois je viserai le cœur

Guillaume Canet impressionne dans le rôle d’un gendarme psychopathe,du meilleur film jusqu’à date, du cinéaste français Cédric Anger ♥♥♥½.

Les tueurs en série sont des personnages particulièrement intéressants au grand écran, on y retrouve une panoplie de leurs manies illustrées au septième art qui ont donné la chair de poule aux spectateurs de tout âge; pensons à l’énigmatique John Doe (Kevin Spacey, Seven), le fameux docteur Hanibal Lecter (Anthony Hopkins, Le Silence des agneaux) et l’inquiétant Norman Bates (Anthony Perkins, Psychose). On parle beaucoup de ces vilains, car ils sont de nature complexe et fascinent par leurs comportements anormaux, mais surtout imprévisibles.

Le cinéaste français Cédric Anger ( Le Tueur, L’Avocat) nous transporte dans l’univers déjanté de Franck, un serial killer, faisant également partie de la gendarmerie, qui s’attaque à des jeunes autostoppeuses choisies au hasard. Par contre, lorsqu’il envoie à ses collègues des lettres décrivant ses délirantes intentions meurtrières, une chasse à l’homme se met en branle. Franck, le gendarme modèle, fait alors partie du groupe de policiers qui est à sa poursuite. À travers son chemin funeste, le timide jeune homme peine à soutenir une relation avec des parents qui ridiculisent son tempérament renfermé. S’automutilant régulièrement, il voit ses tendances de plus en plus perturbées par sa liaison amoureuse naissante avec sa femme de ménage, ainsi que par son obsession pour ses victimes.

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La prochaine fois je viserai le cœur: Un polar contemporain

Ce film est inspiré en grande partie de l’affaire Alain Lamare à la fin des années 70s qui avait inondé les médias et suscité énormément de controverse en France. Ce troisième long métrage du réalisateur français adopte à la fois le polar noir et le portrait d’un bouleversant cas pathologique, en révélant dès le départ l’identité du psychopathe traqué. L’œuvre se démarque par la reconstitution précise de son époque, tant en ce qui a trait aux décors sombres et lugubres qu’aux choix judicieux de chansons atmosphériques d’il y a quelques décennies.

Guillaume Canet est terrifiant dans l’exigeant rôle principal et Ana Girardot est réservée et naturelle dans celui de la mystérieuse amante. Enfin, si le film s’attache parfois trop à son matériel source, il extrait son énergie d’une mise en scène étudiée autant dans les détails de son environnement que dans la psychologie obscure du personnage. Un protagoniste qui fait drôlement rappeler le caractère gênant et inconfortable de Travis Bickle dans Taxi driver.

Cédric Anger réussit un tour de force avec ce plus récent long métrage maîtrisé et angoissant, mais surtout par la création d’un psychopathe qui ne sera pas oublié de sitôt.

Auteur: Justin Charbonneau

Ouvoir.ca

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