Page d'accueil Critiques de films Au Québec Le problème d’infiltration – Furieux Bégin [critique de film]

Le problème d’infiltration – Furieux Bégin [critique de film]

Le problème d’infiltration – Furieux Bégin [critique de film] 4.5
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Note de l'auteur
Robert Morin mérite vraiment son titre de roi du cinéma indépendant d’ici. Titre de noblesse sur lequel il cracherait sans hésiter, laissant sa modestie prendre le dessus.
NOTE DU LECTEUR

Si les expressionnistes allemands des années 20 étaient encore vivants aujourd’hui, comment approcheraient-ils le cinéma? De quelles techniques useraient-ils? Quel monstre mettraient-ils en scène ?

Ce sont ces questions qui ont motivé Robert Morin à écrire et à réaliser Le problème d’infiltration.

L’auteur de Requiem pour un beau sans-cœur souhaitait mettre en scène un film dans le sillage des œuvres de Murnau, Lang ou Wegener, avec les technologies d’aujourd’hui. Son dernier long métrage se découpe donc en six ou sept plans-séquences traficotés à la Birdman enfermant le protagoniste et le spectateur dans une temporalité suffocante.

Lesdites séquences sont d’ailleurs appuyées par une mise en scène maîtrisée à la perfection, repoussant même les limites qu’on pensait trouver dans un film québécois à faible budget. Robert Morin mérite vraiment son titre de roi du cinéma indépendant d’ici. Titre de noblesse sur lequel il cracherait sans hésiter, laissant sa modestie prendre le dessus.

Le problème d'infiltration - Furieux Bégin [critique de film]
Crédit photo : Coop Vidéo

Sublime film de monstre, Le problème d’infiltration ne met pourtant pas en scène Nosferatu, M ou le Golem, mais un bourgeois de banlieue incarné par Christian Bégin. Un choix qui peut sembler curieux (désolé, je ne pouvais pas m’empêcher), mais qui prend tout son sens une fois le film démarré. Notre bourgeois sympathique, chirurgien esthétique d’une fondation pour les grands brûlés, sombre peu à peu dans la folie, goutte par goutte jusqu’à ce que la coupe soit pleine.

Bégin y délivre une performance remarquable. Il crève l’écran de par son jeu, son charisme, aidé par l’interprétation de ses partenaires à l’écran, les tout aussi impeccables Sandra Dumaresq et William Monette. L’année 2017 n’est pas encore terminée que j’ai déjà trouvé mon Iris du meilleur rôle masculin.

Et l’Iris du meilleur film? Il a toutes ses chances, d’autant que dans mon cœur de cinéphile, ce problème d’infiltration s’est déjà frayé un chemin à travers toutes les artères, toutes les veines et tous les capillaires de mon corps. Merci, monsieur Morin, de m’hydrater de votre génie.  J’en ai eu grandement besoin tant votre dernier film m’a procuré de très nombreuses sueurs froides. Un film de monstre, certain. Un film monstre, définitivement.

Sortie prévue le 25 août 2017.

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Yohann Thiou Scénariste, auteur et amateur de Nutella, Yohann fatigue son entourage en parlant sans cesse de cinéma. Pour éviter de se retrouver seul et rejeté de tous, il en critique donc sur Cinémaniak à des lecteurs et lectrices consentants.

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