Plan B : Sortir du moule ?

Plan B : Sortir du moule ?

Plan B : Sortir du moule ?

156
0

Plusieurs médias partagent déjà leur goût pour la nouvelle production de Série +, Plan B avec les acteurs de premier plan Magalie Lepine-Blondeau et Louis Morissette.

Présenté à la fois comme une série d’anticipation (légèrement car nous disposons d’un personnage principal qui voyage dans le temps) et un drame psychologique, Plan B contentera bien du public à la fois interpellé par le concept et la distribution. Il faut dire que les très beaux comédiens principaux sont parfaits pour attirer le chaland friand de suivre ces personnages glamour. Mieux, utiliser Florence Longpré comme secrétaire était un autre moyen de se mettre les jeunes dans la poche au vu du succès de son personnage de Gabie Gravel.  Bref, tout a été étudié, pensé, construit pour que Plan B soit une série différente et réussie, un peu à l’image du très réussi  Mémorable-moi du même réalisateur.

Sans vouloir fustiger la réalisation toujours très minutieuse et inspirée de Jean François Asselin, Plan B pêche, selon moi, là ou nombreuses de ses consœurs se prennent également les pieds dans le tapis. Si cela ne ressemble en rien à quelque-chose de déjà vu au Québec (contrairement aux Simones presque copiées sur le film français Les Gazelles), l’écriture et les scènes parfois trop écrites donnent l’impression de se retrouver dans du théâtre filmé. Le spectateur regarde un couple se déchirer avec chacun son monologue débité l’un après l’autre sans toutefois réellement y croire tellement l’ensemble semble parfait.

En tant que cinéphile, on regrette de n’avoir pas proposé à l’équipe un stage chez Abdelatif Kechiche;  les épisodes de la séries auraient été bien plus organiques et moins prévisibles parfois que ce texte trop réfléchi. Bien sûr les comédiens sont beaux à voir se déchirer : S’aiment-ils ? Se détestent-ils ? Le quittera t’elle ?  Autant de questions existentielles qui placent la distribution dans un cadre tellement parfait qu’il en devient trop riche.

Plan B : Sortir du moule ?

Attention spoiler pour ceux qui n’ont pas vu les premiers épisodes de la série…

Le problème viendrait-il du fait que la réalisation suive de trop prêt une écriture très dense ?  L’histoire se tisse au fur et à mesure des minutes et déjà les cadres si parfaitement étudiés ne laissent pas grand place à la réflexion.

Qui n’allait pas deviner que, même en changeant le cours de l’histoire, l’issue allait poser de nouvelles problématiques (elles aussi très profondes) ? Sommes-nous trop biberonnés aux productions très alambiquées pour ne pas voir venir les rebondissements à des kilomètres ?

Bien sûr, la série fait le maximum à la fois avec ce qu’elle a (la direction artistique et la mise en scène sont très modernes et réussies) mais il conviendrait d’essayer de se démarquer encore plus.

Le Québec produit des séries excellentes depuis des années : L’ Age Adulte dans la veine comique apporte réellement quelque-chose de nouveau. Lâcher Prise est une fraicheur bien sentie autour du burn-out et enfin Fatal Station s’aventure sur les terres du western québécois

Ce n’est pas toujours parfait (et ne conviendra donc pas à tout le monde), mais cela a le mérite d’être des propositions de choix dignes de respect.

Du risque, Plan B n’en prend finalement pas beaucoup et c’est fort dommage.

On sent la volonté de bien-faire, la minutie et le travail bien fait…mais reste que prendre des comédiens surexposés pour un mélo sur-écrit empêche parfois l’émotion de se créer.

Au lieu de ça, la série se regarde avec tendresse mais se consomme également trop comme un produit calibré, étudié et monté pour un certain public. Dommage.

Crédits photos: Séries + & Youtube

(156)

Incrivez-vous à notre infolettre!
Fondée en 2012, Cinémaniak est une revue de cinéma exclusivement web qui s’est donnée comme mission de promouvoir le septième art sur le continent nord-américain. Notre mission est de donner la parole à des passionnés de cinéma capables de rendre accessible l’art qu’ils affectionnent.
Nous détestons les spam. Votre adresse courriel ne sera pas vendue ou partagée avec quelqu'un d'autre. Promis!
Syril Tiar

Tombé dans le cinéma alors qu’il était tout petit, Syril Tiar s’est rapidement pris d’affection pour le cinéma francophone… Devenu un connaisseur hors-pair des Sautet, Resnais, Chabrol, Lelouch, Lecomte (oui à cette époque, seuls les vivants comptaient), ce n’est que bien plus tard qu’il a pu élargir ses goûts à d’autres réalisateurs d’abord européens (Von Trier, Almodovar, Leigh…) puis américains (Allen, Burton).

Bandes-annonces

Archives