Pieta (피에타)

Le lion d’or de Venise est une réflexion sociale teintée de cruauté humaine : Il vous laissera songeur ! ♥♥♥♥

Kang-Do est un jeune homme de trente ans dont le métier est de récupérer l’argent prêté à de petits commerces.Utilisant bien souvent la force, ce dernier voit débarquer un jour chez lui une femme, de vingt ans son ainée. Elle prétend être sa mère. Poussée par la culpabilité de l’abandon, elle refait surface en cherchant à prendre soin de lui. De prime abord rejetée, elle finit par se faire accepter de lui et semble se donner comme mission de lui donner un amour dont il a forcement manqué.

 

D’une grande violence (dans la majeure partie des cas suggérée), Pieta est le genre de film qui ne vous laisse pas sortir indemne. Orphelin n’ayant jamais connu sa mère, le personnage principal n’a donc jamais reçu l’éducation primordiale d’un foyer aimant ni surtout le respect des autres.

Sans pitié, atroce et cruel dans le même temps. Kang-Do n’est guère plus qu’un animal.

 

Si l’on cherche inévitablement à le juger, il faut aussi conserver à l’esprit que ce dernier souffre sans doute autant qu’il n’impose de mutilations à ses clients…

 

Kim Di Duk questionne via ce couple à l’écran de la mère et de l’enfant. Intégrant largement Oedipe dans sa démonstration, le réalisateur n’épargne pas grand chose à son spectateur (dont nous ne tuerons pas l’effet de surprise) et élève ses acteurs (Cho Min Soo en mère acceptant le poids de l’erreur et Lee Jung-Jin en fils désespéré) au rang d’icônes trouvant ici tout son sens dans son affiche principale.

 

A l’inverse d’un Inarritu tragique jusque dans ses décors et mise-en-scène, Kim Di Duk choisit le contrepoids d’un ciel toujours gris mais éclairé…comme aux prises avec un réel morose.

 

Pieta est de ses films cruels qui laissent songeurs … peut-être car ils ne trouvent d’issues ni positives ni négatives (quoi que, l’image du lapin relâché et prêt à passer sous une voiture n’est pas des plus réjouissante) mais d’autant plus indispensable car ils démontrent, certes joliment stylisé, une société malade et qui s’auto-gère à notre plus grand dam.

 

 

Ouvoir.ca

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