Peter and the farm : portrait tragicomique d’un fermier au bord de la fin

Récipiendaire du Grand Prix de la compétition des longs métrages au FCVQ, Peter and the farm est le premier long métrage de Tony Stone, une étude intense sur un agriculteur du Vermont avec des tendances suicidaires. ♥♥♥♥

 

Les portraits documentaires font souvent des sujets particulièrement passionnants, et ce documentaire ne fait pas exception! Peter and the farm, réalisé par Tony Stone, comporte tout un personnage qui garde le spectateur engagé tout au long de sa durée.

Peter Dunning est un agriculteur du Vermont (États-Unis) : un être grossier, alcoolique et solitaire. Ses seuls amis semblent être ses animaux qu’il égorgera inévitablement.

« You’re a little stupid jerk, aren’t you? », dit-il affectueusement à une vache tout en la nourrissant. Plus tard, à une autre : « I know you’re not happy – nobody is. »

Le fermier semble faire confiance au réalisateur américain, qui a choisi de documenter sa vie à la ferme. Il explore pourquoi Dunning est devenu si hargneux. Ce dernier raconte des histoires envoûtantes qui ont conduit progressivement à la chute de sa ferme (Mile Hill) et la destruction de ses deux mariages.

Peter est de si bonne compagnie dans les premiers passages qu’il est facile d’oublier la tragédie profonde qui teint ses contes. Comme avec Walter Matthau dans Grumpy Old Men, vous vous moquez de sa nature comique et rébarbative. Mais au fur et à mesure que le film progresse, Stone rend les aspects les plus sombres de la vie de Dunning impossible à ignorer.

Peter and the farm
Crédit photo : capture d’écran youtube

Peter and the farm : un documentaire biographique sur l’identité

A 68 ans, Dunning vit une existence solitaire. La douleur dans sa voix lorsqu’il parle de ses enfants est palpable. Peter est poussé à boire afin de faire face à une vie qu’il n’a jamais prévu. Dunning aime sa ferme, mais au fil des années, le fermier qui a dédié sa vie à son industrie a détruit ses relations : « I care more about the farm than me, », gémit-il, ivre .

Compte tenu de ces moments intensément confessionnels que capture le cinéaste, il est compréhensible que ce dernier soit un facteur considérable dans son propre documentaire. Stone ne semble jamais devant la caméra, mais sa voix est souvent entendu, posant des questions à Dunning — et dans certains cas, des conseils. Cela ne veut pas dire que Stone détourne le film sur lui-même. Remarquablement, sa voix ne se sent jamais intrusive. « How am I going to edit my voice out of all this shit? », dit-il à un moment donné, après avoir calmé Peter et ses tendances suicidaires.

Avertissement aux cœurs sensibles : le cinéaste n’omet pas les facettes de la journée de travail du vieil homme. Une séquence prolongée, au cours de laquelle on peut voir Dunning abattre un mouton, le décapiter et finalement l’écorcher. Les membres du public se tortillaient de dégoût en fermant les yeux.

Auteur: Justin Charbonneau
*Peter and the farm sera présenté le 24 septembre à 19h00 au cabaret précédé du court-métrage Crystal lake de JENNIFER REEDER.

Cette critique a été écrite dans le cadre du Festival de Cinéma de la ville de Québec.

Ouvoir.ca

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